Pologne: Le président polonais rend hommage à un chrétien japonais
Varsovie, 17 octobre 2007 (Apic) Le président polonais Lech Kaczynski a rendu hommage à titre posthume à un diplomate chrétien du Japon qui a permis de sauver des juifs de l’extermination nazie pendant la seconde guerre mondiale.
« A cette époque, protéger la vie d’un juif ou d’une personne d’origine juive constituait un risque non seulement pour sa propre vie, mais aussi pour la vie de toute sa famille – et parfois même de tout un immeuble ou village », a déclaré le président Kaczynski. « C’est pourquoi ceux qui ont sauvé des juifs en Pologne ont fait preuve d’un héroïsme hors normes et d’une détermination particulière pour protéger d’autres personnes. »
Le président polonais s’exprimait lors d’une cérémonie célébrée au Grand Théâtre de Varsovie pour remettre l’Ordre Polonia Restituta, ou Pologne restaurée, à Chiune Sugihara et à 52 autres personnes – essentiellement polonaises – ayant sauvé des juifs pendant la guerre, rapporte mercredi l’Agence oecuménique ENI.
Selon Lech Kaczynski, le contexte de la Pologne occupée par les nazis était différent de celui d’autre pays, en raison « des peines » draconiennes qui étaient infligées à toute personne accusée d’avoir hébergé des juifs, qui constituaient avant la guerre un dixième de la population du pays.
« Il est impossible d’honorer toute personne qui le mérite, puisque de nombreux noms nous sont encore inconnus », a ajouté le président polonais. « Nous devons donc considérer cette cérémonie comme un geste symbolique de reconnaissance envers tous ceux qui ont sauvé des juifs pendant l’Holocauste. »
Chiune Sugihara, qui a vécu de 1900 à 1986, fait partie des dix personnes qui ont été honorées à titre posthume. Il s’était converti au christianisme orthodoxe lorsqu’il travaillait pour le ministère des Affaires étrangères japonais à Harbin, en Chine, et était marié à une Russe avant de divorcer et de se remarier, en 1935.
En 1939 il fut envoyé à Kaunas, alors capitale de la Lituanie, en tant que vice-consul du Japon, peu de temps avant l’invasion de cet Etat balte par les armées soviétique et allemande, à une période ou` de nombreux juifs de la région cherchaient désespérément à fuir.
Bien que le gouvernement japonais eut décrété que les procédures officielles d’immigration devaient être respectées, Chiune Sugihara commença en juillet 1940 à délivrer des visas de transit d’urgence, après s’être arrangé pour faire passer les détenteurs de visas par le transsibérien jusqu’au Japon. Près de 10’000 juifs auraient survécu grâce à l’action du diplomate, qui, après avoir travaillé à Prague et à Bucarest, a été interné en 1944 avec sa famille par l’armée soviétique.
Evêque catholique également récompensé
Un an avant sa mort, Chiune Sugihara s’est vu remettre la médaille de « Juste parmi les Nations » par le Mémorial de Yad Vashem, en Israël, qui a rendu hommage de la même manière à plus de 21’750 personnes, dont un grand nombre d’ecclésiastiques, pour avoir secouru des juifs.
A Varsovie, lors de la cérémonie, des médailles ont par ailleurs été décernées à titre posthume à Tadeusz Romer, alors ambassadeur de Pologne au Japon, qui a incité le gouvernement japonais à prolonger les visas, ainsi qu’à Wilm Hosenfeld, officier allemand, dont l’histoire a été rendue célèbre par le film de Roman Polanski sorti en 2003, Le Pianiste.
L’évêque catholique romain polonais Albin Malysiak, qui est toujours en vie et qui a sauvé cinq juifs à Cracovie pendant l’occupation nazie, a également reçu la récompense, ainsi qu’un prêtre et deux religieuses. (apic/eni/pr)
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