Philippines: Les évêques exhortent l’armée et les rebelles à laisser les autochtones en paix
Manille, 19 octobre 2007 (Apic) Des évêques catholiques romains des Philippines ont appelé l’armée et les groupes rebelles à cesser de recruter des membres des communautés tribales autochtones et à faire en sorte que leurs terres ne deviennent pas des champs de bataille.
Un appel qui intervient alors qu’une explosion «probablement due à une bombe» dans une galerie commerciale de Manille, a fait huit morts vendredi.
«Nous sommes alarmés par le recrutement systématique d’autochtones dans les groupes paramilitaires», a fait savoir dans un communiqué l’évêque Sergio Utleg, président de la Commission épiscopale des Philippines pour les peuples autochtones. Ses propos font suite à la Convention nationale des représentants autochtones et des coordinateurs régionaux de la Commission, qui s’est tenue du 18 au 21 septembre à Baguio City.
L’évêque Utleg a déclaré avoir appris au cours de la Convention que l’armée des Philippines offrait entre 1’000 et 3’000 pesos (entre 16 et 48 euros) et un sac de riz à chaque membre d’une communauté autochtone recrutée pour lutter contre la Nouvelle armée du peuple (NPA), branche armée du Parti communiste – clandestin – des Philippines. Le groupe insurgé mène une guérilla contre l’Etat philippin depuis 38 ans.
L’évêque Utleg a affirmé qu’il était tout autant alarmé par le recrutement d’autochtones dans la Nouvelle armée du peuple. «Faire participer des autochtones dans les activités de l’armée régulière ou dans la Nouvelle armée du peuple revient à faire de leurs communautés de potentiels champs de bataille permanents», a déclaré l’évêque. Les membres des communautés autochtones sont taxés par l’armée de «sympathisants de la NPA» et accusés par la NPA d’être «à la solde de l’armée».
Un mode de vie distinct
Environ 15 millions de personnes sur les 91 millions d’habitants que comptent les Philippines sont des autochtones, qui, malgré la colonisation espagnole puis américaine, ont maintenu un mode de vie distinct.
Mgr Utleg a également indiqué que les compagnies minières recrutaient des autochtones pour faire partie du personnel de sécurité, dans les zones où l’opposition des communautés indigènes à l’activité minière est forte. «Les peuples indigènes ont été très marginalisées par la perte de leurs terres ancestrales et par la réduction de la foret en raison de l’exploitation du bois et de l’extraction minière. N’ajoutons rien à leur souffrance», a Mgr Utleg. (apic/eni/pr)
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