Naples: Leaders religieux et politiques ont participé à la rencontre de prière pour la paix
Naples, 21 octobre 2007 (Apic) Religieux et politiciens du monde entier ont participé dimanche en fin d’après-midi à Naples à la rencontre de prière pour la paix de Sant’Egidio, à Naples. Ce qui n’a pas empêché les propos critiques du grand rabbin d’Israël Yona Metzeger, ni la réplique, cinglante, du conseiller présidentiel aux Emirats arabes unis, Ezzeddin Ibrahim.
Les leaders religieux et les autorités politiques internationales réunis à Naples, dans le sud de l’Italie, ont réaffirmé «leur volonté de dialoguer en faveur de la paix», dans la soirée du 21 octobre 2007. Quelque 300 personnes ont participé au théâtre San Carlo de la ville à l’ouverture de cette rencontre. La soirée a été marquée par une quinzaine d’interventions.
Devant les leaders religieux et les politiciens, le fondateur de la communauté italienne Sant’Egidio, Andrea Riccardi, a dénoncé le fait que «la violence quotidienne justifie un pessimisme qui ne permet pas de voir l’avenir». Dans ce monde où «le mépris, jour après jour, creuse des gouffres», a-t-il regretté, «il semble que l’on ne craigne pas la tempête qui se prépare, que l’on ne craigne pas le fossé au bord duquel on marche».
Andrea Riccardi a ensuite affirmé qu’au contraire «le dialogue n’est pas une mode, mais naît dans l’intimité même des religions parce que la prière est, en premier lieu, dialogue». A ses yeux, «c’est pour cela que des initiatives de paix nouvelles, désintéressés et audacieuses sont nécessaires». Il a confié son «amour pour le dialogue» entre les religions et s’est dit, enfin, «ému» par les paroles prononcés quelques heures plus tôt à Naples par Benoît XVI qui avait souhaité que «l’esprit d’Assise se diffuse dans le monde, s’oppose à l’esprit de violence, à l’abus de la religion comme prétexte pour la violence».
A son tour, le président du Conseil italien, Romano Prodi, a dit sa conviction que «c’est seulement par la rencontre et le dialogue entre religions et cultures différentes qu’il est possible de réduire la charge de violence qui opprime l’humanité». «Face à des formes de violence nouvelles et plus intenses», le chef du gouvernement italien a également souligné «la grande responsabilité» des religions qui «doivent condamner ouvertement le mal».
Jakaya Mrisho Kikwete, président de Tanzanie, de confession musulmane, a estimé que tous étaient «sur la même galère» – chefs religieux, chefs d’Etat et citoyens – pour «éliminer la violence et assurer que la paix, la sécurité et la stabilité règnent dans le monde».
Le moine bouddhiste Uttara, originaire du Myanmar (ex-Birmanie), a affirmé pour sa part être venu à Naples afin de «prier pour la paix et la liberté» dans son pays, «pour les victimes, moines et civils, de la violente et de l’horrible oppression» récemment déclenchée par «la dictature militaire qui a employé les armes contre des manifestations pacifiques».
Instrumentalisation des religions par la politique
Intervenant à son tour, le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée Ier a affirmé que «la guerre au nom de la religion» était «une guerre contre la religion». Il n’a pas caché les «difficultés», dont le fait que «les religions se caractérisent par une fermeture toujours plus rigide», et s’est opposé à l’instrumentalisation des religions par la politique. Dans ces deux cas, a affirmé le patriarche, il s’agit de «falsification du véritable esprit religieux». A son tour, il a souligné la responsabilité des religions pour «calmer les passions humaines».
Au cours de son intervention, le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, a affirmé que, dans un monde où «la violence défigure le visage de l’homme, offense la liberté et sacrifie la vérité sur l’autel de l’égoïsme (.) seule la prière, la douceur et la non-violence pourront guérir les contestations et les divisions et créer les conditions pour un monde plus juste et pacifié».
Rompant avec le consensus harmonieux apparu jusque-là, le grand rabbin d’Israël Yona Metzeger a regretté que «la plus grande partie des conflits» soient «alimentés par la religion», critiquant ouvertement «ceux qui portent le drapeau de la religion mais sèment la terreur» comme «l’Iran». Le rabbin Metzeger a également redit son souhait que soient créées «les Nations Unies des religions».
Agressivité
Plus polémique encore, Ezzeddin Ibrahim, conseiller présidentiel aux Emirats arabes unis, a évoqué une question débattue au préalable avec le cardinal Sepe à la table du pape, en milieu de journée, sur les sujets conflictuels à aborder ou non lors de cette soirée inaugurale. Affirmant se retenir d’accusations excessives sur les conflits en cours dans le Proche-Orient, il a cependant dénoncé «le comportement de quelques grandes puissances qui continuent à agir de façon agressive contre d’autres pays en effectuant des occupations militaires avec de faux prétextes». Le religieux musulman a cependant conclu son intervention en invitant ses auditeurs à «croire à la paix».
Organisée à Naples du 21 au 23 octobre 2007, la rencontre interreligieuse de prière pour la paix a pour thème : ’Pour un monde sans violence : religions et cultures en dialogué. La cérémonie d’ouverture, au théâtre historique de Naples, a eu lieu en présence de plusieurs chefs d’Etat, ministres et ambassadeurs du monde entier, dont les présidents de Tanzanie et de l’Equateur. Pendant deux jours, les 22 et 23 octobre, des dizaines de conférences et tables rondes vont se succéder. (apic/imedia/ami/pr)
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