Algérie: Remise des plans de l’emplacement des mines antipersonnel par la France
Alger, 23 octobre 2007 (Apic) Quarante-six ans après, les cartes des mines antipersonnel posées par l’armée française entre 1956 et 1959, au plus fort de la guerre d’Algérie (1954-1962), ont été remises samedi par l’armée française aux autorités militaires algériennes.
Contacté par Misna, Ouamor ben al-Hadj, membre de l’Organisation nationale des Moudjahidine (Onm, partisans algériens), dira: « La remise des plans des mines ne suffit pas. Du moment que la France reconnaît avoir semer ces instruments de la mort c’est à elle de fournir le matériel nécessaire pour s’en débarrasser, ensuite on parlera des victimes et de leur indemnisation ».
L’Algérie, signataire de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, pourra désormais procéder au déminage de ses frontières.
Ces mines ont été semées par l’armée française pour empêcher l’entrée au pays des combattants de l’armée de libération algérienne (Aln) en provenance de la Tunisie et du Maroc. Quarante-six ans après l’indépendance, ces mines continuent de faire des victimes parmi les habitants des villages frontaliers, notamment chez les bergers et les enfants.
Selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur algérien, elles ont fait 4’000 morts et 13.000 blessés. D’après les autorités algériennes, sur les 11 millions de mines, répandues le long des frontières est et ouest du pays, 3 millions sont encore enfouies sur une superficie recouvrant près de 5’700 kilomètres carrés.
Selon l’ambassade de France en Algérie, la remise des cartes des mines antipersonnel « marque la volonté des autorités françaises de progresser pour lever les obstacles hérités du passé ». Près de 50 ans après. La nouvelle de la remise de ces plans, près de 50 ans après, n’a trouvé que très peu de place dans les médias et notamment télévisuels. (apic/misna/pr)
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