L’archevêque s’apprête à passer la main à son successeur

Moscou: Mgr Kondrusiewicz rejette les accusations de prosélytisme en Russie

Moscou, 25 octobre 2007 (Apic) Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque catholique de Moscou sur le départ, en Russie, rejette péremptoirement les accusations de prosélytisme catholique en Russie.

Au terme de seize années passées à la tête de l’archevêché catholique de Moscou, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz a déclaré que son objectif n’avait jamais été de faire du prosélytisme, c’est-à-dire obtenir des conversions de fidèles d’autres religions. Il relève qu’il a toujours considéré la Russie comme un pays essentiellement chrétien orthodoxe.

Les accusations du patriarcat (orthodoxe) de Moscou, Alexis II, habitué à souffler le chaud et le froid sur les relations entre catholiques et orthodoxes russes, selon lesquelles le Vatican cherchait à convertir des Russes au catholicisme sont une parmi les principales sources de tensions entre les deux Eglises depuis la chute du communisme, en 1991.

«Le prosélytisme est en contradiction à la fois avec ma vision des choses et avec l’enseignement de l’Eglise catholique romaine», a déclaré Mgr Tadeusz Kondrusiewicz lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Moscou le 24 octobre, selon l’agence de presse russe Interfax, citée par l’Agence oecuménique ENI. «Pour moi, la Russie a toujours été d’abord et avant tout un pays orthodoxe, et c’est l’Eglise orthodoxe russe qui répond de son réveil spirituel», a-t-il affirmé.

Le Vatican a désigné Mgr Kondrusiewicz, 61 ans, pour diriger l’Eglise catholique romaine de Biélorussie en tant qu’archevêque de Minsk-Moguilev. Tadeusz Kondrusiewicz est né dans l’ancienne république soviétique biélorusse. Comme son voisin l’Ukraine, la Biélorussie compte une importante minorité catholique mais en Biélorussie, les relations entre les Eglises catholique et orthodoxe sont meilleures qu’en Ukraine.

Le regard tourné vers l’avenir

Selon de nombreux observateurs, les relations entre Moscou et Rome sont «plus chaleureuses» depuis l’élection du pape Benoît XVI. Début octobre 2007, la réunion d’une commission théologique orthodoxe-catholique à Ravenne, en Italie, fut ternie non pas par des tensions interconfessionnelles, mais par un différend entre le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat oecuménique de Constantinople, basé à Istanbul.

Selon l’agence de presse catholique Zenit, dans une lettre d’adieu adressée au patriarche Alexis II de l’Eglise orthodoxe russe, Mgr Kondrusiewicz a écrit: «Je regarde vers l’avenir en espérant que nos Eglises développeront le dialogue et la coopération.»

Le 22 octobre, lors d’une rencontre avec Aleksandr Torchine, vice-président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Mgr Kondrusiewicz a soulevé la question des biens de l’Eglise catholique en Russie, confisqués par les autorités soviétiques mais jamais restitués. Il a également expliqué qu’il était difficile pour le clergé étranger de servir ses fidèles en Russie, à cause des procédures d’obtention des visas russes.

Le 27 octobre, Mgr Kondrusiewicz ordonnera son successeur, le père Paolo Pezzi, 47 ans, en tant qu’archevêque de Moscou, et célébrera des messes d’adieu le lendemain. Le père Pezzi était jusqu’à présent recteur du séminaire catholique Marie-Reine des apôtres, à Saint-Pétersbourg. (apic/eni/pr)

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