Rome: Béatification de 498 martyrs espagnols
Rome, 28 octobre 2007 (Apic) Les chrétiens doivent être cohérents, ne pas être inhibés face à leurs devoirs et ne pas se contenter d’une foi « tiède ». C’est ce qu’a affirmé le cardinal José Saraiva Martins, qui a présidé la cérémonie la béatification de 498 martyrs de la guerre civile espagnole, le 28 octobre. 30’000 fidèles ont participé à cette béatification sur la place Saint-Pierre. Des médias espagnols en avaient annoncé un million.
Le cardinal portugais, préfet de la Congrégation de la cause des saints, a souligné que la béatification de ces religieux et religieuses abattus entre 1936 et 1937 par les Républicains espagnols avait « un relief historique ». « Les martyrs ne sont pas le patrimoine exclusif d’un diocèse ou d’une nation (.) mais appartiennent au monde entier et à l’Eglise universelle ». « Nous vivons à une époque où les chrétiens sont menacés dans leur vérité ce qui signifie que soit ils sont martyrs, c’est à dire qu’ils adhèrent à la foi du baptême de façon cohérente, soit ils s’adaptent », a expliqué le cardinal Saraiva Martins. « Proposer l’exemple des martyrs signifie que rappeler la sainteté ne consiste pas dans la réaffirmation des valeurs communes à tous, mais dans l’adhésion personnelle au Christ ». « Nous ne pouvons pas nous contenter d’un christianisme vécu tièdement », a alors lancé le préfet de la Congrégation pour la cause des saints. « Jésus doit être présent dans l’accomplissement fidèle de nos devoirs ordinaires ».
« Etre des chrétiens cohérents nous imposent de ne pas nous inhiber face au devoir de donner notre contribution au bien commun et de modeler la société toujours selon la justice, en défendant – dans un dialogue forgé par la charité – nos convictions sur la dignité de la personne, de la vie de sa conception à sa fin naturelle, sur la famille fondée sur l’union matrimoniale unique et indissoluble entre un homme et une femme, sur le droit et le devoir fondamental des parents à l’éducation des enfants et sur les autres questions qui naissent de l’expérience quotidienne de la société dans laquelle nous vivons », a conclu le cardinal.
La béatification: pas un agenda politique
La béatification de ces 498 martyrs était la plus importante de toute l’histoire de l’Eglise. Elle a eu lieu trois jours avant le vote par le Parlement espagnol d’une loi de réhabilitation des victimes du franquisme voulue par le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. La béatification « n’a rien à voir avec un quelconque agenda politique » avait déclaré lors d’une conférence de presse à Rome le secrétaire général de la conférence épiscopale, Mgr Juan Antonio Martinez Camino.
71 évêques espagnols ont assisté à cette cérémonie de béatification de deux évêques, 24 prêtres, 462 religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs. Le gouvernement espagnol était représenté par le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Sept Communautés autonomes de la péninsule hispanique avaient aussi leurs délégations officielles. Enfin, le député socialiste Juan Nadres Torres Mora y Esposa, artisan de la loi de réhabilitation des victimes du franquisme et descendant de l’un des martyrs, conduisait la délégation du parlement espagnol.
Un collectif de 147 mouvements chrétiens, en Espagne, avait qualifié cette cérémonie de béatification « inopportune et « discriminatoire », tant que l’Eglise catholique n’avait pas reconnu ses erreurs et demandé pardon pour s’être ralliée à Franco. Il avait également regretté que l’Eglise catholique soit opposée à la loi de réhabilitation des victimes du franquisme. (apic/imedia/elp/hy/bb)
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