Musulmans et chrétiens appellent à un engagement ferme des Etats

Abidjan: Fin d’un symposium religieux sur les mutilations génitales féminines

Abidjan, 28 octobre (Apic) Des chefs religieux musulmans et chrétiens de vingt cinq pays africains ont lancé un appel aux gouvernements africains pour s’engager résolument dans la lutte contre les mutilations génitales. A l’issue d’un symposium international religieux de trois jours à Abidjan (23-25 octobre), ils ont appelé à « des actions concertées de tous » pour l’abandon de ces pratiques.

Cités par l’Agence de presse africaine (APA), ils se sont déclarés convaincus que la justification religieuse de l’excision n’est fondée ni dans la Bible, ni dans le Coran. Aussi, ce sont-ils engagés à participer à la lutte pour l’abandon total de ces mutilations en Afrique et partout ailleurs, par « une sensibilisation accrue » de leurs différentes communautés.

Malgré les dispositions prises les gouvernements africains, interdisant la pratique de l’excision, celle-ci se poursuit encore dans de nombreux pays du continent. En Côte-d’Ivoire par exemple, elles sont proscrites depuis une décennie par la loi. Selon l’agence Inter-press service, cette loi a du mal à être appliquée, en raison des traditions culturelles. Les campagnes de sensibilisation n’ont pas permis de faire évoluer les mentalités. Le taux de mutilation génitale est d’environ 44,5% en Côte d’Ivoire. La tendance est plus forte dans les régions nord et nord-ouest (88%) et dans l’ouest (73%), a déclaré à IPS, le représentant local de l’UNICEF, Youssouph Oomar.

Le corps humain, don de Dieu, est sacré

Pour le curé de la paroisse d’Abidjan, l’Abbé Eric Norbert Abekan, la justification religieuse de la pratique de l’excision en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire, n’est qu’une « fausse appréciation » des écritures saintes. « Le corps humain est sacré, parce que c’est un don de Dieu. II faut le protéger pour mieux servir Dieu. En couper une partie pour la jeter est plus qu’un crime », a-t-il affirmé à l’APA.

De son côté, El Hadj Kassoum Traoré, imam d’une grande mosquée d’Abidjan, a demandé à ses fidèles de dénoncer toute personne qui s’adonne aux mutilations et de refuser de faire exciser leurs filles. Aux exciseuses, il leur a demandé de se débarrasser des outils qu’elles utilisent pour cette « pratique nocive ». Depuis près de deux mois, il mène un combat contre l’excision en consacrant une partie de son sermon du vendredi à expliquer aux fidèles leurs méfaits. En plus, chaque semaine, il réunit autour de lui, les sages de la communauté musulmane de son quartier, pour débattre du sujet de l’excision. (apic/ibc/bb)

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