Le Comité de l’ARM confirme son exclusion du mouvement

Trinité-et-Tobago: Une Eglise réformée sud-africaine refuse de renoncer à l’apartheid

Port d’Espagne, 1er décembre 2007 (Apic) Une Eglise sud-africaine a refusé de renoncer à l’apartheid. Corollaire, la suspension dont elle fait l’objet depuis 1982 par l’Alliance réformée mondiale (ARM) continue. Le Comité de l’ARM a ainsi décidé qu’elle ne pourrait pas être réadmise, en raison de son refus de renoncer à soutenir l’idéologie d’apartheid qui avait conduit à son exclusion.

Les responsables de l’ARM, réunis près de Port d’Espagne (Trinité-et-Tobago), ont entendu estimé que la « Nederduitsch Hervormde Kerk van Afrika » (NHKA, Eglise réformée néerlandaise d’Afrique) n’avait pas rejeté l’apartheid, ni sa justification théologique, malgré le désir qu’elle avait exprimé de rejoindre l’ARM.

« La NHKA n’a pas su montrer une quelconque forme de repentance vis-à-vis de l’apartheid », peut-on lire dans un rapport présenté le 26 octobre à la réunion du comité exécutif de l’ARM, cité par l’Agence ENI.

La NHKA avait été exclue de l’Alliance en raison du soutien théologique et biblique qu’elle avait apporté au système de domination blanche qui a régi l’Afrique du Sud de 1948 jusqu’au début des années 90. L’année où l’Eglise a été suspendue, le pasteur réformé Allan Boesak, militant anti-apartheid, est devenu président de l’ARM.

La NHKA a déposé sa candidature pour réintégrer cette alliance comptant 75 millions de membres, mais le Comité exécutif de l’ARM avait déclaré en 2005 que la NHKA devait d’abord montrer aux Eglises d’Afrique du Sud et du monde qu’elle renonçait à l’apartheid « dans sa totalité ».

En 2006, lors d’une réunion, les responsables de l’ARM et de la NHKA s’étaient mis d’accord pour que l’Eglise ne soit réadmise au sein de l’Alliance que si son Assemblée générale rejetait l’apartheid en tant que système « injuste et honteux, non seulement par ses conséquences et ses activités, mais aussi par sa nature fondamentale. »

En septembre, cependant, l’Assemblée générale de la NHKA a rejeté par 262 voix contre 260 les propositions avancées par les responsables de l’Eglise, qui auraient permis à celle-ci de réintégrer l’Alliance.

L’apartheid: encore une réalité

L’Assemblée générale de l’Eglise sud-africaine a alors adopté – à la même majorité – une autre résolution indiquant qu’elle « n’abjure ni l’apartheid ni sa justification théologique », peut-on lire dans le rapport présenté au comité exécutif de l’ARM.

Une autre Eglise sud-africaine, la Nederduitse Gereformeerde Kerk (NGK, Eglise réformée hollandaise), qui avait aussi été suspendue de l’ARM en 1982, a été réadmise en 1999 après avoir dénoncé l’apartheid en tant que système « injuste et honteux, non seulement par ses conséquences et ses activités, mais aussi par sa nature fondamentale. » La NGK est la plus grande des dénominations réformées néerlandaises d’Afrique du Sud.

L’Alliance réformée mondiale est un rassemblement de 75 millions de chrétiens réformés, issus de près de 210 Eglises dans plus d’une centaine de pays. Ses origines remontent à la Réforme menée entre autres par Jean Calvin et John Knox au XVIe siècle. (apic/eni/pr)

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