Amérique latine: Banque du Sud: coup d’envoi samedi à Caracas
Caracas, 2 novembre 2007 (Apic) Sept pays sud-américains vont créer samedi 3 novembre la Banque du Sud, un organisme dont l’objectif est de s’affranchir de la tutelle des institutions financières du Nord, FMI et Banque mondiale, notamment.
Le Sud a-t-il encore besoin de l’argent du Nord?, s’interroge le quotidien français « La Croix », qui consacre un large éclairage à cet événement pour l’Amérique latine. A l’heure où plusieurs pays émergents ont trouvé les recettes de la croissance économique, à l’heure où la flambée des prix de l’or noir et, plus généralement, des matières premières vient gonfler les caisses de nombreux Wtats, certains sont tentés de répondre « non », analyse le quotidien catholique. Notamment en Amérique latine.
Dans la capitale vénézuélienne, des représentants de l’Argentine, du Brésil, de l’Equateur, de l’Uruguay, du Paraguay et de la Bolivie lanceront cette nouvelle institution, présentée comme une alternative latine au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale. D’Amérique du Sud, seuls le Chili de Micheline Bachelet, étrangement, et le Pérou de l’énigmatique Alan Garcia manqueront à l’appel. « Même le Brésil de Lula, chef de file de la gauche modérée, a donné son feu vert à cette initiative du président Chavez. Plus surprenant encore, la Colombie d’Alvaro Uribe, fidèle alliée de Washington, a demandé à rejoindre El Banco del Sur », même si aucun représentant de Bogota ne devrait se rendre samedi 3 novembre à Caracas.
Selon « La Croix », ce projet est le plus ambitieux à ce jour mis sur pied par Hugo Chavez au niveau international. Il repose sur la flambée des cours de l’or noir, mais aussi des matières agricoles, qui bénéficie à des pays comme l’Argentine ou le Brésil. Depuis 2003, la région connaît, de fait, une croissance économique vigoureuse. Cette année, le PIB de l’Amérique latine devrait encore augmenter de 5 % (après 5,6 % l’an passé), selon la commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) des Nations unies.
Ciao FMI, ciao BM
« Messieurs du FMI et de la Banque mondiale, nous vous disons ciao ! », lançait Rodrigo Cabezas, ministre vénézuélien des finances, cité par « La Croix », au moment du remboursement de leurs prêts par le Venezuela et l’Equateur. Auparavant, le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay avaient fait de même.
Pour l’heure, les réactions sont plutôt prudentes. Robert Zoellick, nouveau patron de la Banque mondiale, a salué cette initiative tout en rappelant le souci de transparence. De son côté, Joseph Stiglitz, ancien chef économiste de la Banque mondiale et prix Nobel d’économie, partisan de longue date d’une réforme du système financier international, s’est montré plus enthousiaste. Selon le quotidien français, tout le monde reconnaît toutefois que le capital de la nouvelle institution devrait être insuffisant pour remplacer la Banque mondiale et le FMI. Selon Rodrigo Cabezas, le capital de la banque devrait atteindre sept milliards de dollars. Or, à elle seule, la Banque mondiale a prêté l’an passé six milliards de dollars aux pays d’Amérique latine. (apic/cx/gb/pr)
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