La moitié des catholiques genevois sont des immigrés

Genève : L’Eglise catholique veut repenser ses relations avec les communautés étrangères

Déo Negamiyimana, agence Apic

Genève, 8 novembre 2007 (Apic) Ces derniers temps, l’Eglise catholique romaine de Genève affiche une nette volonté d’être plus proche des communautés linguistiques qui vivent dans ses différentes paroisses. Explications avec Gladys Théodoloz,

Déléguée à l’information de l’Eglise catholique de Genève, Gladys Théodoloz déplore également les succès de l’UDC et les menaces de «xénophobie dans la cité de Calvin comme ailleurs en Suisse».

L’engagement de l’Eglise catholique romaine de Genève auprès des immigrés et des communautés linguistiques s’affirme. Il s’agit d’accroître les possibilités de contacts entre l’Eglise «autochtone» et les communautés linguistiques . Déléguée à l’information de l’Eglise catholique de Genève, Gladys Théodoloz l’affirme: «Nous voulons nouer ou développer de nombreuses relations, notamment entre les communautés voisines ou qui partagent les mêmes locaux, afin qu’elles se rencontrent au lieu de simplement se côtoyer», explique la Genevoise. Pour elle, aucun aspect ne devra être négligé.

«Sur le plan de la catéchèse par exemple, nous voulons renforcer les liens qui existent déjà par le biais de propositions d’animation et de parcours de formation pluriculturels», indique notre interlocutrice qui souligne qu’un effort immense est fait dans les communautés linguistiques les plus représentatives pour rendre la catéchèse vivante. C’est le cas notamment des communautés de langue italienne, espagnole, portugaise et anglaise, dont les ressortissants forment à peu près la moitié des catholiques genevois.

Leurs responsables pastoraux se réunissent depuis plusieurs années au sein d’un «Conseil des communautés linguistiques» présidé par Mgr Farine, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg. C’est ce Conseil qui délègue un représentant auprès du Conseil pastoral cantonal, l’instance pastorale dirigeante de l’Eglise catholique genevoise.

Parmi les projets en vue, un recensement de toutes les communautés qui travaillent sur le territoire du bout du lac Léman et ses environs. L’inventaire permettra également de visiter chaque communauté et se mettre à son écoute pour savoir quelles sont ses attentes et ses soucis.

L’Eglise veut multiplier les passerelles entre les catholiques. «La plupart des fidèles n’ont souvent aucune idée de ce que peut être une communauté linguistique», estime la déléguée à l’information Pour Gladys Théodoloz, le travail de rapprochement auquel l’Eglise s’engage aujourd’hui ne veut pas dire qu’elle était fermée et qu’elle s’ouvre soudain à la réalité des migrants. «La conscience de cette réalité a suffisamment mûri au sein de l’Eglise genevoise pour que nous puissions maintenant faire un pas de plus», tempère-t-elle. Un document où figureront nos orientations pastorales et nos engagements à l’égard des migrants sera sera intégré en principe la semaine prochaine, soit dès sa validation, à nos documents de base. La chargée de l’information précise que l’Eglise compte aller vers un partage des infrastructures, des finances et des forces pastorales à disposition.

L’Eglise va alerter l’opinion publique

Si Gladys Théodoloz soutient que «Genève est en train de sombrer manifestement dans un climat de xénophobie», elle reste convaincue que c’est en ce moment même que l’Eglise doit bien agir. «La xénophobie est plus discrète et larvée qu’auparavant. Elle est néanmoins agissante au sein de la population. Le récent succès électoral de l’UDC, en est la preuve et m’inquiète», confie la Genevoise. Aujourd’hui, constate-t-elle, «sous l’effet de la propagande UDC qui amalgame «étrangers» et «criminels», le discours xénophobe recourt à un argument éminemment perfide selon lequel les étrangers menacent nos vies».

Tout prochainement, l’Eglise va alerter l’opinion publique, explique Gladys Théodoloz. A son avis, cela fait partie des objectifs pastoraux actuels de l’Eglise catholique à Genève, qui invite à prendre courageusement la parole lorsque les principes chrétiens sont en jeu. «C’est ce que nous avons d’ailleurs déjà fait, en septembre dernier, quand nous avons diffusé un communiqué disant qu’en Suisse, le respect dû à chaque personne d’origine étrangère était en train d’être mis à mal», rappelle ce membre du Conseil pastoral de l’Eglise genevoise. (apic/dng/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/geneve-l-eglise-catholique-veut-repenser-ses-relations-avec-les-communautes-etrangeres/