Rome: L’Eglise s’apprête à honorer Antonio Rosmini, prêtre italien
Rome, 15 novembre 2007 (Apic) Le 18 novembre 2007, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, présidera à Novare (nord-ouest de l’Italie), au nom du pape, la messe de béatification de l’Italien Antonio Rosmini (1797-1855). Prêtre et philosophe, il avait été mis à l’Index par le Saint-Office en 1849 pour certains de ses écrits avant d’être réhabilité plus de 150 ans plus tard, en 2001, par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Le 1er juin dernier, Benoît XVI a approuvé les miracles de quatre ’vénérables’ serviteurs de Dieu ouvrant ainsi la voie à leur béatification. Parmi eux se trouvait le prêtre italien Antonio Rosmini, dont plusieurs ouvrages furent mis à l’Index au milieu du 19e siècle par la Sacrée congrégation du Saint-Office. Sa béatification à Novare, dans l’après-midi du 18 novembre, achèvera sa réhabilitation complète.
Antonio Rosmini Serbati est né en 1797 à Rovereto, dans la province italienne du Trentin alors sous occupation autrichienne. Il suivit des études de philosophie et de théologie à l’université de Padoue. Ordonné prêtre en 1821, il s’établit à Domodossola, dans le Piémont, en 1829. Il fut le fondateur de deux congrégations religieuses : l’Institut de la charité et les Soeurs de la providence.
Membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Prêtre et philosophe, Antonio Rosmini travailla beaucoup à l’unité italienne. Auteur d’un grand nombre d’ouvrages, il consacra sa vie à l’étude de la philosophie : philosophie morale, juridique et politique, la logique et les mathématiques, l’économie, la médecine, les arts et la littérature. En France, ses travaux furent largement reconnus et il fut élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Dans l’un de ses ouvrages les plus connus, «Des cinq plaies de la Sainte Eglise» (1848), Antonio Rosmini dressa la liste des maux qui, à ses yeux, affligeaient l’institution. Il y évoqua «la division entre le clergé et le peuple lors du culte public», «le manque d’éducation du clergé», «la désunion des évêques», «la nomination des évêques abandonnée au pouvoir séculier» ainsi que «la servitude des biens de l’Eglise».
Le livre «de trop»
C’est ce livre, avec un autre, «la Constitution civile selon la justice sociale», qui fut à l’Index en 1849. Après sa mort, en 1887, 40 propositions tirées de ses oeuvres firent également l’objet d’une condamnation officielle.
C’est Jean XXIII (1958-1963) qui initiera le mouvement de réhabilitation d’Antonio Rosmini en choisissant d’effectuer une retraite spirituelle autour de l’une de ses oeuvres. Puis, Paul VI (1963-1978), en 1972, définira le père Rosmini comme un «prophète» qui, avec un siècle d’avance, avait ressenti des problèmes de l’Eglise et de l’humanité développés lors du Concile Vatican II (1962-1965).
Maître et penseur
Si Jean Paul Ier (1978) avait couronné ses études universitaires avec un travail sur ’l’origine de l’âme humaine selon Antonio Rosmini’, c’est son successeur, Jean Paul II qui, dans son Encyclique Fides et Ratio (1998), le classera parmi les «maîtres» et «penseurs» dont la recherche philosophique «a tiré un grand profit de sa confrontation avec les données de la foi».
En 1998, s’achevait la phase diocésaine du procès de béatification et de canonisation d’Antonio Rosmini. Toute la documentation était alors remise à la Congrégation pour les causes des saints.
Le 1er juillet 2001, avec l’accord du pape polonais, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et son secrétaire le cardinal Tarcisio Bertone, publiaient une «note sur la valeur des décrets doctrinaux concernant la pensée et les oeuvres du R.P. Antonio Rosmini Serbati». La congrégation chargée de la doctrine y reconnaissait que la pensée et l’oeuvre du père Rosmini étaient fidèles à la doctrine de l’Eglise, à certaines conditions.
Audace et courage
Les «motifs de préoccupations et de difficultés» relevés dans les oeuvres du père Rosmini pouvaient désormais être dépassés, écrivait ainsi la Congrégation pour la doctrine de la foi, précisant toutefois que le décret Post obitum de 1887 restait valable «pour tous ceux qui interprétaient son oeuvre dans une optique idéaliste et ontologiste».
Caractérisant l’oeuvre et la pensée d’Antonio Rosmini «d’une grande audace et d’un grand courage», la congrégation reconnaissait que le prêtre s’était «dirigé vers un horizon ascétique et spirituel», son oeuvre ayant été reconnue «même par ses adversaires les plus acharnés». La congrégation notait cependant que la pensée du père Rosmini «ne se privait pas d’une certaine hardiesse périlleuse dans sa tentative d’offrir de nouvelles opportunités à la doctrine catholique en rapport aux défis de la pensée moderne».
Dans son édition datée du 16 novembre 2007, L’Osservatore Romano a consacré deux longs articles à la figure d’Antonio Rosmini, décrivant «le long chemin» de la cause de béatification de cet homme qui alliait «catholicisme libéral et modernité». Le quotidien du Saint-Siège a également relevé l’une des «vertus héroïques» qui le distingue, sa «charité intelligente». (apic/imedia/ami/pr)
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