Les Salvadoriens se souviennent

Sans Salvador: Dix-huit ans après le meurtre des jésuites de l’Université centraméricaine

San Salvador, 16 novembre 2007 (Apic) Dix-huit ans après les assassinats des jésuites de l’Université centraméricaine, de leur cuisinière et de la fille de cette dernière, le 16 novembre 1989, les Salvadoriens se sont souvenus. Les assassins, des militaires, furent condamnés à 30 ans de prison, puis libérés après deux ans.

« Nos martyrs vivront toujours dans le coeur d’un peuple qui invoque la paix sans violence, la justice avec équité », a déclaré le recteur de l’Université centraméricaine « José Simeón Cañas » de San Salvador, le jésuite José María Tojeira, commémorant le 18ème anniversaire de l’assassinat de six des ses confrères, d’une de leurs collaboratrices et sa fille adolescente, en 1989, lors d’une incursion de l’armée dans l’université de la capitale. « Qui sème le vent récolte la tempête », devait déclarer quelque temps plus tard un haut prélat nord-américain à propos de ce massacre.

Des centaines de fidèles se sont ainsi réunis en procession dimanche dernier pour commémorer le massacre des Jésuites, survenu pendant la guerre civile (1980-1992) qui est encore couverte par « l’impunité et l’injustice », tel que l’a rappelé Père Tojeira.

En dépit des requêtes répétées de l’Université de San Salvador pour élucider qui étaient les commanditaires de ce massacre, les enquêtes n’ont jamais été rouvertes, au terme du procès contre neuf militaires il y a 16 ans, classé par deux condamnations, suspendues par la suite. À l’aube du 16 novembre 1989, un groupe de militaires du bataillon ’Atlacatl’ – une unité spécifiquement formée aux Etats-Unis pour la lutte contre la guérilla – fit irruption dans l’Université et tua de sang froid les religieux espagnols Ignacio Ellacuría, à l’époque recteur de l’Université, Ignacio Martín Baro, le vice-recteur, Segundo Montés, Juan Ramon Moreno, Amando López et le Salvadorien Joaquín Lopez y López, de même que la cuisinière de l’Université, Elba Julia Ramos et sa fille âgé de 15 ans, Celina Mariceth Ramos.

Hostilité

Neuf soldats, dont le directeur de l’Ecole militaire de la capitale, le colonel Guillermo Alfredo Benavides, furent jugés en 1991 pour leur implication dans ce massacre. Parmi eux, Guillermo Alfredo Benavides et le lieutenant Yusshy Mendoza furent condamnés à 30 ans de prison, mais bénéficièrent deux ans plus tard de l’amnistie proclamée en 1993 par l’Alliance républicaine nationaliste (Arena) – qui était à l’époque au pouvoir – dans le cadre des accords de paix ayant mis fin en 1991 à 12 années de conflit interne.

Le procès fut du reste entaché par de nombreuses irrégularités et certains procureurs ont dû renoncer à leur charge à cause de l’hostilité du Ministère public et des obstacles dressés par leurs chefs immédiats. (apic/misna/pr)

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