Rome: Le Saint-Siège fait une mise au point concernant ses rapports avec Israël
Rome, 18 novembre 2007 (Apic) Le «porte-parole» du Vatican, le Père Federico Lombardi, a réagi le 17 novembre aux affirmations de l’ancien nonce en Israël, Mgr Pietro Sambi, qui avait estimé la veille que les relations entre l’Eglise catholique et l’Etat d’Israël étaient meilleures avant l’instauration de relations diplomatiques bilatérales. Les propos du diplomate reflétent seulement «sa pensée et son expérience personnelle», a-t-il précisé.
«L’interview de Mgr Sambi publiée sur le site www.terrasanta.net reflète sa pensée et son expérience personnelle vécue au fil de ses années de service à la délégation apostolique de Jérusalem et comme nonce en Israël», a ainsi affirmé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège dans une déclaration officielle. «Le Saint-Siège, pour sa part, répète son souhait – déjà exprimé à l’occasion de la visite du président Pérès chez le pape – ’d’une conclusion rapide des négociations importantes encore en cours’ et d’une solution de commun accord concernant les problèmes existants». Benoît XVI avait accueilli le président israélien Shimon Pérès dans sa résidence de Castel Gandolfo le 6 septembre dernier.
Dans une interview rendue publique le 16 novembre sur le site Internet de la Custodie franciscaine de Terre sainte, Mgr Sambi affirmait que, «franchement, les relations entre l’Eglise catholique et l’Etat d’Israël étaient meilleures quand il n’y avait pas de relations diplomatiques». Nonce en Israël entre 1998 et 2005, Mgr Sambi a aussi expliqué que le Saint-Siège avait «décidé d’établir des relations diplomatiques avec Israël dans un acte de confiance, remettant à plus tard son engagement de régler les aspects concrets de la vie des communautés catholiques et de l’Eglise».
Respect de la liberté religieuse et de culte en Israël
Le 30 décembre 1993, le Saint-Siège et Israël avaient signé un ’Accord fondamental’, premier lien juridique entre les deux pays et qui avait mené, le 15 juin 1994, à l’établissement de relations diplomatiques. Cet Accord fondamental réaffirmait en particulier le respect de la liberté religieuse et de culte. Le 10 novembre 1997 avait lieu la signature d’un ’Accord juridiqué dans lequel Israël acceptait de reconnaître l’existence légale de certains représentants du Saint-Siège sur son territoire. Depuis juillet 2004, les deux parties ont repris des négociations – interrompues pendant 10 ans – en vue de la conclusion d’un Accord juridico-financier sur les propriétés ecclésiastiques, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique.
Actuellement nonce aux Etats-Unis, Mgr Sambi a aussi ajouté que «la situation» actuelle était «bizarre», notant que «les accords déjà signés, ’fondamental’ et ’juridique’, sont valides internationalement mais ils ne sont pas valides en Israël parce que la loi israélienne rend obligatoire l’approbation de la Knesset». Il poursuivait en affirmant que «l’impasse actuelle, dans les tractations, est mystérieuse pour le Saint-Siège, le monde chrétien et de nombreux pays amis d’Israël mais également pour beaucoup de juifs».
Le Saint-Siège pour la création d’un Etat palestinien
Les relations entre Israël et le Saint-Siège – favorable à un statut international pour Jérusalem et à la création d’un Etat palestinien – sont fréquemment marquées par des incidents. En mars dernier, une réunion sur l’accord juridico-financier bilatéral prévue au Vatican avait été repoussée sans raison évidente par la partie israélienne. Deux mois plus tôt, de passage au Vatican, le nonce apostolique en Israël, Mgr Antonio Franco, avait confié que l’accord juridico-financier entre le Saint-Siège et Israël était «encore bien lointain».
En 2005, le gouvernement israélien avait reproché à Benoît XVI de ne pas avoir mentionné son pays parmi ceux récemment touchés par le terrorisme, dans la condamnation qu’il en avait faite lors de l’Angélus du 24 juillet. Le Saint-Siège s’était alors défendu de tels propos, rappelant la condamnation générale que le pape faisait de tout acte terroriste. Mais un membre du ministère des affaires étrangères israélien, Nimrod Barkan, avait alors critiqué le Saint-Siège pour son silence permanent sur les attentats en Terre Sainte. Ces critiques avaient suscité la réaction du Vatican, son porte-parole réfutant toutes ces accusations visant aussi Jean Paul II et expliquant que «de même que le gouvernement israélien ne se laissait pas dicter par d’autres ce qu’il doit dire, ce qui est compréhensible, de même le Saint-Siège ne pouvait accepter de recevoir des leçons et des directives sur l’orientation et le contenu de ses déclarations d’aucune autre autorité». (apic/imedia/ami/bb)
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