«Lorsque l’on actionne le frein de secours, cela crisse très fort»
Bâle, 18 novembre 2007 (Apic) Je n’ai jamais affirmé en lien avec l’affaire Sabo que «l’ordre juridique de l’Etat n’a pas d’importance pour l’Eglise», a lancé Mgr Kurt Koch dans une interview publiée le 18 novembre dans la «NZZ am Sonntag». Ajoutant: «Naturellement il a de l’importance!». En fin de compte, il s’agit uniquement de se demander si «l’Etat peut avoir le dernier mot sur le déplacement d’un prêtre».
A ses yeux, le déplacement d’un prêtre est une affaire interne à l’Eglise. C’est la raison pour laquelle l’évêque de Bâle a réagi fortement dans le cas du jugement du tribunal cantonal sur l’affaire Röschenz. Il s’agit là d’une «précédent lourd de conséquences», et c’est pourquoi l’évêque de Bâle s’est vu contraint d’actionner le «frein de secours». «Et quand on actionne le frein de secours, cela crisse très fort», a-t-il lancé.
Dans une prise de position diffusée le 12 novembre, Mgr Kurt Koch avait réagi fortement au jugement du tribunal cantonal dans l’affaire de la paroisse de Röschenz, qui refuse de se séparer de son prêtre, l’abbé Franz Sabo, dont la mission canonique a été retirée par l’évêque. La justice avait autorisé la paroisse à garder son prêtre, estimant que ce dernier n’avait pas suffisamment eu la possibilité de s’expliquer avant d’être licencié. Mgr Koch a renoncé à recourir contre le jugement, car cela consisterait à reconnaître la compétence du tribunal cantonal dans les affaires internes de l’Eglise.
Selon Mgr Koch, interviewé par la «NZZ am Sonntag», le problème principal réside dans le fait que les rapports entre Etat et Eglise ne sont pas suffisamment réglés, «et maintenant une décision de tribunal occasionnelle est vue comme une solution définitive». Car dans un cas de conflit en Suisse entre le droit canonique et le droit étatique, où deux ordres juridiques se confrontent, il n’est pas clair «quel droit est appliqué et de quelle façon». «Il est nécessaire d’avoir des règles claires entre Eglise et Eglise cantonale sur la marche à suivre en cas de conflit».
Mgr Koch ne se prononce pas pour une séparation Eglise-Etat
L’évêque de Bâle précise encore dans l’interview que dans sa prise de position sur le jugement de Bâle-Campagne, il ne s’est pas prononcé en faveur d’une séparation entre Eglise et Etat. «Si l’utilisation à mauvais escient des dispositions juridiques ecclésiastiques fait école, si elles deviennent indépendantes et sont orientées contre l’Eglise, alors il ne reste à l’Eglise aucune autre solution que d’intervenir en faveur d’une séparation avec l’Etat», a-t-il expliqué.
Mgr Koch a affirmé qu’il a songé plusieurs fois à se retirer en tant qu’évêque à cause de l’affaire Röschenz. Interviewé dans le journal «Sonntag» du 18 novembre, il a ajouté qu’il considérerait un retrait surtout comme «un acte lâche à l’égard des personnes dans le diocèse, qui sont très touchées par cette affaire, mais qui n’ont pas voix au chapitre dans l’opinion publique». «Agir toujours comme si toute la base de l’Eglise catholique se tenait derrière la paroisse de Röschenz» donnerait «une perception totalement fausse de la réalité». De plus, son retrait ne résoudrait rien et «les problèmes resteraient». Il ne souhaite pas laisser à son successeur une telle «hypothèque»: «Je m’en vais plus volontiers s’il fait beau».
L’erreur de l’évêque
L’évêque de Bâle admet avoir commis une erreur dans l’affaire Sabo. «En février 2005, j’ai consciemment pas communiqué personnellement à Monsieur Sabo que sa mission canonique était retirée. J’ai envoyé un vicaire épiscopal, car je partais du principe qu’un prêtre confronté à une telle situation empoignerait tout de suite le téléphone pour atteindre l’évêque et lui demander: Pourrions-nous encore une fois parler de tout cela? Mais au lieu de cela, Monsieur Sabo a approché les médias deux jours plus tard et tout s’est enchaîné. J’avais alors trop attendu de Monsieur Sabo.» (apic/job/bb)
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