Europe: La KEK contre les accords de l’Union européenne avec les pays pauvres
Genève, 20 novembre 2007 (Apic) La Conférence des Eglises européennes (KEK), le plus grand rassemblement d’Eglises d’Europe a estimé qu’une nouvelle série d’accords commerciaux entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) risquait d’être un obstacle à l’établissement d’un système équitable de commerce mondial.
«Nous sommes convaincus qu’il serait contre-productif de contraindre les pays ACP à signer des accords commerciaux ambitieux, alors que leurs capacités de négociation sont limitées», a indiqué lundi la KEK dans un communiqué cité mari par ENI, à la suite de la réunion de son principal organe directeur à Vienne.
L’Union européenne (UE) veut signer de nouveaux Accords de partenariat économique (APE) avec près de 80 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique avant la fin 2007.
Les pays ACP ont un accès privilégié aux marchés de l’UE depuis une trentaine d’années, mais ce traitement préférentiel est considéré comme illégal selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les nouveaux Accords imposeraient aux pays ACP de libéraliser leurs importations provenant de l’UE en échange d’un accès aux marchés de celle-ci.
L’agence de développement britannique Christian Aid a averti que le libre-échange entre des économies pauvres et une zone d’échanges commerciaux riche et solide comme l’UE allait anéantir les paysans et les industries des pays en développement.
L’exemple du Mozambique
Christian Aid souligne l’exemple du Mozambique, où l’Etat a imposé un droit de douane sur la farine importée pour offrir à sa propre industrie une mesure de protection. «La signature d’un APE entraînera l’ouverture du marché mozambicain à la farine bon marché, menaçant la viabilité de l’industrie meunière et l’empêchant probablement de se développer davantage», a commenté Christian Aid.
Des responsables de l’UE ont déclaré que le maintien de l’accord existant d’aide et de commerce, comme le demandent certains groupes de lutte contre la pauvreté et certains pays africains, n’est pas possible.
Dans son communiqué, la KEK a appelé l’UE à garantir que les accords avec les pays ACP ne soient pas des pierres d’achoppement mais des pierres de gué et des briques permettant d’établir un système commercial mondial plus juste et équitable. La KEK rassemble 120 Eglises, principalement protestantes, anglicanes et orthodoxes. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse