Rome: Rencontre avec Mgr Théodore-Adrien Sarr, futur cardinal africain
Rome, 22 novembre 2007 (Apic) L’archevêque de Dakar, Mgr Théodore-Adrien Sarr, sera élevé au rang de cardinal lors du consistoire présidé par Benoît XVI le 24 novembre prochain. Il souhaite que son cardinalat lui permette de «mieux faire entendre la voix de l’Afrique dans l’Eglise» ainsi que «la voix de l’Eglise en Afrique, en particulier au Sénégal». I.Media, partenaire romain de l’Apic, est allé à la rencontre du futur cardinal.
A la veille de la rencontre avec ses nouveaux «confrères» cardinaux, Mgr Théodore-Adrien Sarr s’est accordé une journée de travail et de prière loin du Vatican, dans une maison religieuse romaine. Vêtu d’un simple veston gris sur un col romain bleu ciel, Mgr Sarr attend cette célébration solennelle avec «émotion». Il n’a de cesse de faire part de sa gratitude à l’égard du pape et de Dieu lui-même. De courts cheveux poivre et sel trahissent les 71 ans de cet homme calme, au visage jeune.
Successeur du cardinal Hyacinthe Thiandoum à Dakar depuis 2000, il est aussi le deuxième Sénégalais de l’histoire créé cardinal. A ses yeux, c’est l’Eglise du pays qui est «honorée». Une Eglise qui rassemble 5 % des 11 millions de Sénégalais, dont 90 % sont musulmans.
«L’Eglise africaine est toute jeune et elle prend doucement sa place dans l’Eglise universelle», confie Mgr Sarr en reconnaissant que les 18 cardinaux du continent ont peu de poids dans un collège cardinalice qui en compte 201. Mais, note-t-il, «le nombre d’évêques africains augmente».
Fort de la «marque de confiance» accordée par Benoît XVI, Mgr Sarr souhaite que son cardinalat lui permette de «mieux faire entendre la voix de l’Afrique dans l’Eglise» ainsi que «la voix de l’Eglise en Afrique, en particulier au Sénégal». «Il est souhaitable, confie-t-il aussi, que l’un des prochains voyages du pape puisse avoir lieu en Afrique». En outre, l’archevêque de Dakar se réjouit que, pour la seconde fois, l’Afrique soit au coeur de l’assemblée spéciale du Synode des évêques qui aura lieu en octobre 2009.
Dialogue avec l’islam
Ordonné prêtre en 1964 et nommé 10 ans plus tard à la tête du diocèse de Kaolack (centre ouest), Mgr Théodore-Adrien Sarr est fier de son Eglise qui «témoigne de sa foi dans un Sénégal massivement musulman». En matière de dialogue avec l’islam, explique-t-il, «nous avons fait les premiers pas avec les musulmans et, aujourd’hui, c’est payant». «Nous avons un islam ouvert au Sénégal, mais il faut être vigilants pour que des influences extérieures ne viennent pas perturber ce que nous vivons entre nous», explique-t-il encore.
Le 23 novembre, lors de la réunion à huis clos de cardinaux convoquée par le pape, Mgr Sarr mettra pour la dernière fois sa ceinture et sa calotte violettes d’évêque. Dès son arrivée à Rome, trois jours plus tôt, l’archevêque de Dakar s’est rendu chez l’un des meilleurs tailleurs pour ecclésiastiques de la ville, Gammarelli, afin d’essayer la soutane pourpre qu’il portera lors du consistoire du 24 novembre, Place Saint-Pierre.
Lors du consistoire extraordinaire du 23 novembre, les cardinaux, anciens et nouveaux, pourront prendre la parole librement, mais Mgr Sarr préfèrera «écouter et regarder les autres, pour apprendre». Le lendemain, il se rendra Place Saint-Pierre pour recevoir la barrette rouge des mains du pape, entouré de quelques proches et de fidèles du Sénégal qui ont fait le voyage. Il est également touché par la délégation officielle qui arrivera de Dakar pour l’occasion, avec à sa tête la propre femme du président Abdoulaye Wade, la Française Viviane Wade, et pas moins de trois ministres. (apic/imedia/ami/pr)
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