Le statut de l’Eglise catholique au Liechtenstein menacé: les protestants applaudissent

Ils déplorent le manque d’»esprit oecuménique» des catholiques

Vaduz, 26 novembre 2007 (Apic) Le statut de l’Eglise catholique au Liechtenstein est menacé. Les protestants d’un des plus petits pays du monde ont salué les appels à la séparation de l’Etat et de l’Eglise catholique, ce qui constituerait une des dernières réformes de ce type en Europe, indique lundi l’Agence oecuménique ENI.

«Il s’agit d’une question de droit et nous n’en sommes pas à l’origine», a déclaré Hartwig Janus, le pasteur en charge de l’Eglise évangélique luthérienne du Liechtenstein. «Le gouvernement a désormais officiellement reconnu qu’il y avait d’autres religions ici et nous sommes naturellement ravis de la perspective d’être traités équitablement.»

Le pasteur luthérien s’est ainsi confié à ENI après la présentation au Landtag – le Parlement national, constitué de 25 membres – d’une proposition visant à mettre fin au statut de religion officielle dont jouit actuellement l’Eglise catholique.

Le pasteur Janus a déclaré que cette mesure donnerait aux confessions plus petites le droit d’enseigner dans les écoles et permettrait d’employer des aumôniers dans les institutions publiques et de bénéficier de déductions d’impôts sur les dons. Il a cependant ajouté que les derniers détails étaient encore en cours de négociation dans cette principauté alpine de 162 km2, qui n’a adhéré à l’ONU qu’en 1990.

Les catholiques constituent 78 % des 34’000 habitants du Liechtenstein, situé entre la Suisse et l’Autriche. Selon la Constitution de 2003, l’Eglise catholique a été reconnue comme «Eglise nationale», bénéficiant de la «protection totale de l’Etat».

Avec le soutien du prince héritier

L’Eglise reçoit 300’000 francs suisses du budget de l’Etat, ainsi que des fonds supplémentaires des 11 communes du Liechtenstein, qui a accédé à la souveraineté au début du XIXe siècle, après avoir fait partie du Saint-Empire romain germanique. En plus de l’Eglise luthérienne, le territoire abrite 18 autres groupes religieux, dont les membres constituent, selon le recensement de 2000, 8 % de la population.

Le prince héritier Aloïs III, qui a obtenu de son père, le prince Hans-Adam II, la charge des affaires courantes de la principauté en août 2004, a soutenu les appels à un assouplissement des liens entre l’Eglise et l’Etat.

Selon le pasteur Janus, l’avis de la famille princière a «beaucoup d’influence», mais qu’il peut être rejeté si les députés se prononcent en faveur d’une séparation plus radicale. Il a ajouté que la progression de la minorité musulmane du Liechtenstein, qui constitue également environ 8% de la population et qui est autorisée à donner des cours d’islam dans les écoles primaires, ajoute à la pression en faveur d’un «système plus moderne.»

«Bien que nous entretenions de bons rapports avec les responsables catholiques romains locaux, ceux-ci n’ont pas l’esprit oecuménique», a assuré le leader luthérien. «Je ne pense pas que le pays va forcément suivre leur exemple dans ce domaine.»

Le père Markus Walser, vicaire général de l’archidiocèse catholique de Vaduz, a affirmé que son Eglise ne formulerait pas d’»avis officiel» concernant les changements proposés tant qu’ils ne seraient pas officiellement présentés au Parlement. (apic/eni/pr)

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