Dalaï Lama et évêques « patriotiques » au coeur des discussions
Rome, 5 décembre 2007 (Apic) Une délégation du Saint-Siège, conduite par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Pietro Parolin, s’est rendue à Pékin à la fin novembre, a indiqué le quotidien chinois Hong Kong South China Morning Post, le 5 décembre. Cette délégation aurait confirmé aux autorités chinoises que le pape ne recevrait pas en audience au Vatican, en décembre, le Dalaï Lama.
Interrogé par I.MEDIA, le Saint-Siège n’a pas démenti cette information, refusant cependant de la commenter.
Le Hong Kong South China Morning Post, dans ses colonnes, a ainsi révélé l’organisation récente « de discussions de haut niveau avec le Vatican à Pékin », citant en Chine une « source informée ». La délégation du Saint-Siège a été conduite par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Pietro Parolin. Celui-ci n’a pas démenti l’information, souhaitant cependant n’y apporter « aucun commentaire ».
Le quotidien chinois a par ailleurs indiqué que la rencontre entre les autorités chinoises et vaticanes avait eu lieu peu avant la cérémonie d’ordination de deux évêques de l’Eglise ’patriotique’, à Yichang et Canton. Le jour même, Radio Vatican et L’Osservatore Romano ont précisé que ces deux ordinations épiscopales avaient « reçu l’approbation du pape ». Selon le quotidien hongkongais, ces deux cérémonies d’ordination, le 30 novembre et le 4 décembre, avaient été retardées par Pékin dans l’attente de savoir si Benoît XVI recevrait ou non en audience le Dalaï Lama, arrivé en Italie le 5 décembre.
Le pape l’avait déjà rencontré au Vatican, le 13 octobre 2006. Aucun communiqué officiel n’avait cependant fait état de cette visite qualifiée de « courtoisie » par le Saint-Siège pour ne pas froisser les autorités chinoises. Le Dalaï Lama lui-même avait expliqué à la presse avoir évoqué avec Benoît XVI l’importance de l’harmonie entre les religions, mais aussi le sens du discours du pape à Ratisbonne sur le rapport entre raison et foi.
Réaction de Pékin face à une visite du Dalaï Lama
Fin novembre, le Vatican a ainsi fait savoir que cette fois-ci le Dalaï Lama ne serait pas reçu en audience. Une rencontre entre le chef religieux des Tibétains en exil et le pape avait pourtant été officieusement confirmée par le Vatican un mois plus tôt. Cette annonce avait alors entraîné une réaction négative des autorités chinoises qui avaient souhaité que le Vatican ne fasse « rien qui puisse blesser les sentiments de la population chinoise », mais montre au contraire « de la sincérité dans l’amélioration des rapports avec la Chine ».
Après la rencontre bilatérale courant novembre à Pékin, les deux évêques ont donc été ordonnés. Le 30 novembre, Mgr Francis Lu Shouwang a ainsi été ordonné évêque du diocèse de Yichang, dans la province centrale du Hubei. Puis, le 4 décembre, a eu lieu l’ordination épiscopale de Mgr Joseph Gan Junqiu pour le diocèse de Guangzhou (Canton). Selon Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris, un troisième évêque, Mgr Joseph Li Jing, pourrait prochainement être ordonné à Ningxia (Yinchuan).
En septembre dernier, Benoît XVI avait reconnu l’ordination de deux évêques: Mgr Xiao Zejiang, ordonné archevêque coadjuteur de Guiyang le 8 septembre, et Mgr Li Shan, ordonné archevêque de Pékin le 21 septembre.
Dans la lettre qu’il avait adressée aux catholiques de Chine le 30 juin 2007, Benoît XVI avait réclamé la liberté de nommer les évêques en Chine. « Le Saint-Siège aimerait être entièrement libre de la nomination des évêques », avait alors souligné le pape, souhaitant que « l’on trouve un accord avec le gouvernement pour résoudre certaines questions concernant soit le choix des candidats à l’épiscopat, soit la publication de la nomination des évêques, soit la reconnaissance – avec les effets civils dans la mesure où ils sont nécessaires – du nouvel évêque de la part des autorités civiles ».
L’Eglise en Chine est encore divisée en une Eglise ’officielle’ ou ’patriotique’, contrôlée par le gouvernement, et une Eglise clandestine demeurée fidèle au Saint-Siège. Les relations diplomatiques avec la Chine ont été rompues en 1951, deux ans après la prise du pouvoir par les communistes. Selon Pékin, le rétablissement des relations ne pourrait avoir lieu que si le Saint-Siège acceptait de rompre ses relations diplomatiques avec Taiwan, que la Chine considère comme une province rebelle. (apic/imedia/ami/bb)
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