Brésil: Mgr Cappo poursuit sa grève de la faim contre un projet de détourner un fleuve
Brasilia, 9 décembre 2007 (Apic) Du mouvement international «Via Campesina» au Forum national sur la réforme agraire et la justice dans les champs, en passant par les 750 associations de la société civile du Brésil semi-aride réunies sous la formation Asa Brasil, les initiatives se multiplient, en dépit du silence presque total observé par les médias nationaux, pour soutenir Mgr ’dom’ Luiz Cappio.
L’évêque franciscain de Barra, dans l’Etat de Bahia, est parvenu vendredi à son 10ème jour de grève de la faim contre le projet de déviation du fleuve São Francisco. Aujourd’hui, c’est le «Cri des Exclus» – le mouvement national promu par les pastorales sociales de la Conférence épiscopale brésilienne (Cnbb) – qui manifeste à São Paulo pour exprimer sa solidarité à ’dom’ Cappio contre un projet qui, selon Asa Brasil, «donne la priorité à l’agrobusiness au détriment de l’agriculture à échelle familiale et prévoit toute une série d’actions de privatisations et d’exploitation de l’eau, un droit qui doit être garanti à toute la population».
«La déviation du fleuve São Francisco – troisième cours d’eau du Brésil, de 2700 km de long, dont dépend la survie de 15 millions de personnes, à travers cinq États du nord-est brésilien – ne créera aucune condition d’accès à l’eau pour les agriculteurs les plus nécessiteux de la zone semi-aride, mais fournira de l’eau, avec la contribution du peuple brésilien, aux grandes entreprises agricoles du nord-est», a écrit ’Via Campesina’ dans une lettre adressée au Secrétaire général de la Cnbb, Mgr. Dimas Lara Barbosa.
Ce dernier s’est lui-même rendu au Tribunal fédéral suprême (Stf), à Brasilia, afin de demander davantage de célérité dans l’examen des projets liés à la déviation, rappelant que dans la zone en question, il existe différents territoires indigènes qui risquent d’être durement endommagés. Des milliers de personnes ont participé à une marche qui est partie de la chapelle de São Francisco, à Sobradinho – où ’dom’ Cappio continue sa grève de la faim – jusqu’aux rives du fleuve.
Dialogue interrompu
A Sobradinho toujours, où mardi, une délégation de la Cnbb régionale du Nord-est 3 a rendu visite à ’dom’ Cappio, quatre femmes rattachées à l’Église ’Fulhas de Maria’ se sont jointes au jeûne, tandis que cinq autres personnes originaires de différentes villes brésiliennes feront de même le week-end prochain. Il faut y ajouter l’initiative de ’jeûne solidaire’ promue par l’économiste Marcos Arruda du Réseau brésilien de l’économie solidaire.
Le Conseil national des Églises chrétiennes du Brésil (Conic) rappelle que le «dialogue promis entre le gouvernement et la société civile a été brusquement interrompu depuis le début des travaux entrepris par l’armée qui a également installé des chantiers sur des territoires indigènes, un fait hors du commun dans un pays démocratique».
En 2005, l’évêque franciscain avait entamé une première grève de la faim qui avait duré 11 jours et qui n’avait pris fin que lorsque le président Luiz Inácio Lula da Silva s’était engagé au nom du gouvernement à prolonger le dialogue avec les représentants des communautés locales dans le but d’évaluer tous les aspects du projet. En mars dernier, Brasilia a approuvé les «études de faisabilité» et donné feu vert aux travaux. (apic/misna/pr)
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