Appel à la communauté mondiale et à l’Eglise
Colombo, 9 décembre 2007 (Apic) L’évêque de Mannar, au Sri Lanka, demande aux belligérants de mettre un terme aux violences dans le pays. «Je demande à la communauté internationale, à l’Église Universelle et à tous ceux qui veulent la paix de faire tout leur possible pour mettre fin à la folie de cette guerre insensée».
C’est l’appel lancé en début de semaine par Mgr Joseph Rayappu, évêque de Mannar, contacté par l’Agence Misna dans le chef-lieu du district homonyme, dans le nord-ouest du Sri Lanka, épicentre, avec la péninsule de Jaffna, de violents combats entre l’armée régulière et les rebelles des Tigres de libération de l’Eelam Tamoule (Ltte).
D’intenses affrontements sont en cours depuis des jours dans la zone d’Adampan, au sud de Mannar, dans celle de Vanni et dans la péninsule de Jaffna où, ces dernières semaines, l’armée a lancé une vaste opération dans le but de reprendre le contrôle des zones aux mains des Ltte.
Des combats, des bombardements d’artillerie et les récents raids aériens menés par l’aviation gouvernementale sont en train de causer une grave crise humanitaire, assure l’évêque. «Il s’agit des pires combats de ces dernières années, je répète: les pires!», a dit Mgr Rayappu, dénonçant «l’intransigeance» aveugle des deux parties qui font des victimes surtout parmi les civils. Alors que l’armée et les rebelles poursuivent une guerre de propagande, fournissant des bilans sur les pertes infligées à l’ennemi durant les combats, le prix payé en vies humaines par les civils reste encore inconnu.
«Les civils meurent sous les tirs des deux belligérants, sous les bombardements ou de faim en cherchant refuge dans la forêt. Ils n’arrivent pas à trouver un endroit sûr: pas même dans les églises!», déplore l’évêque en se référant aux coups d’artillerie tombés sur une église de son diocèse, ne faisant – heureusement – que des dégâts mineurs.
«Dans mon seul diocèse, 22’000 personnes ont été contraintes à se déplacer et, après avoir abandonné leurs propres terres dans la zone contrôlée par les rebelles, ils finissent par vivre dans des conditions de précarité dans les zones sous contrôle du gouvernement, où ils restent quand même exposés à toute sorte de risques», a ajouté l’évêque en rappelant que des missiles sont tombés ces derniers jours sur un camp de réfugiés.
Lettre morte?
Récemment, la Conférence épiscopale du Sri Lanka a écrit au président Mahinda Rajapaksa lui demandant de mettre fin au conflit et de trouver une solution négociée à la crise. «Ces derniers jours (le 26 novembre, Ndlr), j’ai rencontré personnellement le président pour lui demander qu’au moins la zone du Sanctuaire de la Vierge de Madhu soit épargnée et déclarée zone franche par les deux parties, de façon à pouvoir accueillir les civils. Il avait promis un ordre écrit que nous attendons encore», a dit l’évêque de Mannar.
En attendant, pendant que les combats se poursuivent dans les territoires tamouls, à Colombo, les organisations de défense des droits de l’homme et les politiciens ont dénoncé l’arrestation de 400 personnes appartenant à l’ethnie tamoule par les autorités. Les «Tigres» combattent depuis 1983 – en recourant aussi aux attentats-suicides – contre l’armée régulière pour obtenir un territoire autonome pour la minorité Tamoule dans le nord et dans l’est du Sri Lanka, à majorité cingalaise. Selon les estimations communément admises, le conflit a fait plus de 68’000 victimes dont 5’000 depuis la reprise des affrontements en 2006, après une trêve de quatre ans. (apic/misna/pr)
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