Fribourg: L’enquête sur l’ancien official a été bouclée par le juge d’instruction
Fribourg, 12 décembre 2007 (Apic) L’enquête pénale sur l’ancien official du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg vient d’être bouclée. Le montant de 156’000 francs, articulé en 2006, pour les détournements de fonds est largement dépassé. Il devrait se situer entre 350’000 et 520’000 francs, selon les estimations.
Dans un communiqué diffusé le 12 décembre, le juge d’instruction Olivier Thormann confirme que l’ancien official est «prévenu d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux dans les titres et éventuellement de gestion déloyale». Par ailleurs, «les recherches effectuées par l’Evêché ont permis par la suite de révéler que Fernando Lamas Pereyra de Castro s’était prévalu d’un faux diplôme pour se faire désigner en tant qu’official». Fonction qu’il a dû quitter fin 2003. Mgr Lamas devra comparaître devant le Tribunal de la Sarine.
Le juge Thormann donne des détails sur les montants détournés par le prélat selon l’enquête. Il confirme que 100’000 francs avaient été demandés à l’évêché en 1999 dans le cadre d’une procédure visant à indemniser une victime d’abus sexuel commis par un séminariste dans les années soixante. Cette somme a atterri dans la poche de l’ancien official. Au cours de l’enquête, Mgr Lamas a tenté de faire porter le chapeau à un avocat, qui s’est suicidé entre-temps, révèle le quotidien fribourgeois «La Liberté» dans son édition du 12 décembre. Ensuite, Mgr Lamas a utilisé des montants inscrits au budget de l’officialité pour un usage privé à hauteur d’environ 56’000 francs. Il a également retiré une somme de 125’000 francs du compte postal de l’officialité, sans justification totale. Le juge d’instruction affirme qu’elle a été partiellement utilisée à des fins privées.
Montants encaissés pour des nullités de mariage
L’analyse des comptes privés du prévenu ont révélé que dans sa fonction d’official, le prélat a rendu de fausses déclarations de nullité de mariage et s’est fait verser sur son propre compte les avances sur les frais de procédure, qui se montent à 1’000 francs. Il faisait ensuite disparaître toute trace des dossiers, a déclaré le juge Thormann à La Liberté. Le prévenu a avoué une quinzaine de cas.
Mgr Lamas a également sévi en tant que postulateur de la cause de la bienheureuse Marguerite Bays – dont l’évêché est l’autorité de surveillance – en vue de promouvoir sa canonisation. Il s’est fait remettre une carte de crédit afin de couvrir ses frais. Il s’est avéré qu’il a entrepris plusieurs voyages dans ce cadre, officiellement pour soutenir la cause de la bienheureuse. En réalité, il n’a pas réalisé la moindre démarche valable et a dépensé plus de 100’000 francs entre 2000 et 2001. La plupart des justificatifs présentés à la Fondation Marguerite Bays étaient les mêmes que ceux déjà remis à l’évêché dans sa fonction d’official. De plus, deux reçus étaient signés «par des professeurs inexistants pour des travaux tout aussi inexistants», précise le juge d’instruction.
La Fondation Marguerite Bays a également remis un montant de 30’000 francs à Mgr Lamas pour effectuer une avance de frais à l’attention d’un collaborateur de la Congrégation pour les causes des Saints à Rome. Le montant a été utilisé à de fins privées, a révélé l’enquête.
Dernier reproche à Fernando Lamas Pereyra de Castro: entre 1997 et 2003 il a encaissé pour lui des rentes destinées à une orpheline de père, ainsi que des fonds, appartenant à la famille de cette jeune fille et pour lesquels il avait une procuration. Le montant se situe «probablement» entre 74’000 et 99’000 francs. L’ancien official conteste intégralement cette accusation.
Entre 350’000 et 520’000 francs
En additionnant les sommes encaissées, les détournements opérés par Mgr Lamas devraient se situer entre 350’000 et 520’000 francs selon les données fournies par le juge d’instruction. Ils dépassent donc largement les 156’000 francs apparus en 2006 au début de l’enquête. Mais il est également loin des deux millions dont la rumeur faisait état en 2006.
L’évêché, qui semble le plus touché parmi les trois victimes de l’ancien official (avec la Fondation Marguerite Bays et la famille de l’orpheline), espère-t-il récupérer une partie des montants perdus? «Nous allons exiger sans aucun doute le remboursement. Mais nous ne sommes pas sûrs qu’il en aura la capacité financière», a affirmé à l’Apic Me Grégoire Piller, avocat de l’évêché, qui attend encore des éclaircissements sur le total exact des sommes détournées, et notamment sur les 125’000 francs retirés du compte postal de l’officialité et dont une partie, selon le juge d’instruction, a été utilisée à des fins privées. (apic/com/bb)
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