Marly: «Quartier libre» rassemble chaque mois une soixantaine d’enfants
L’espérance de Noël transmise avec des moyens adaptés
Bernard Bovigny, Apic
Marly, 14 décembre 2007 (Apic) La prévention par un renforcement de l’image de soi, par l’apprentissage de la persévérance et du respect dans la collaboration. Le tout dans une perspective chrétienne. C’est ce que propose l’équipe d’animation de «Quartier Libre». Reportage lors d’une rencontre, qui réunit chaque mois une trentaine d’enfants à Marly, et à peu près autant au quartier du Schönberg à Fribourg.
Un samedi matin de décembre dans le bâtiment des Pères du Saint-Sacrement à Marly. L’équipe d’animation de Quartier Libre, sous la direction de Jean-David Hasler, responsable éducatif de son métier, se répartit les tâches dans la salle de réunion. Les présences dans les ateliers et lors de l’animation finale sont réparties entre les 12 animateurs, dont une grande majorité de jeunes. Un enfant qui a dépassé, de peu, l’âge limite pour participer à «Quartier libre» arbore un badge où est affiché le rôle de «Auxiliaire». Il servira le goûter, avant de rejoindre tout de même le groupe des grands en fin de la matinée.
Cinq ateliers accueilleront les enfants présents. Les activités, en cette période d’Avent, prennent une coloration «cadeau» et «décoration de Noël»: confection de truffes, oranges piquées de clous de girofle, décoration d’un miroir, bricolage de boules de Noël et coulage de bougies. Certains garçons préfèrent jouer simplement au football, sous la direction d’un animateur-arbitre, avant de rejoindre l’ensemble du groupe à l’heure du goûter. Les autres, une vingtaine au total, rejoignent un atelier. Chaque enfant ne réalise qu’une seule activité. «Pour éviter qu’il ne bâcle son travail», explique Jessica, une des animatrices.
«D’habitude nous avons entre trente et quarante enfants. Aujourd’hui, ils sont un peu moins nombreux», affirme Jean-David Hasler. Qu’importe. Le matériel restant sera utilisé l’après-midi au Schönberg, où les mêmes animations seront proposées.
Après le goûter, tous les enfants, y compris ceux qui se sont adonnés au foot, se réunissent dans une salle où sont installés la sono et un appareil audio-visuel. Une animatrice s’empare du micro, s’assure que tous soient là. Jean-David Hasler prend le relais et l’ambiance commence à s’échauffer dans ce sas un peu frisquet. En prévision de Noël, il propose d’aborder les problèmes de la vie en mettant sa confiance en Dieu. Le thème de l’espérance sera illustré par l’annonce de la venue du messie par un berger, Amos, à son petit-fils Benjamin. Un ange apparaît et promet que cette prophétie se réalisera par la venue au monde de Jésus.
Comment passer le message chrétien?
La matinée se termine avec le temps délicat de la réflexion en groupes séparés garçons – filles et selon les tranches d’âge. Le défi n’est pas simple à relever: comment partager le message de Noël dans ce milieu d’enfants pas forcément en attente dans la venue du Messie? Et comment le groupe des footballeurs – composé essentiellement de grands garçons – va-t-il recevoir les paroles d’espérance chrétienne transmises par des animateurs à peine plus âgés qu’eux?
Le groupe d’animation a mis les gros moyens pour se montrer convainquant. Quatre animateurs – dont l’arbitre de foot – se trouvent dans le hall d’entrée du Saint-Sacrement pour montrer aux huit garçons présents que «Dieu c’est cool». Des réponses souvent approximatives surgissent. Parmi les «cinq choses les plus importantes pour ma vie», au lieu de «Jésus est mort à ma place», un des enfants affirme: «Dieu est venu à ma place». Un des ’animateurs rappelle les quatre autres: Dieu m’a créé, Dieu est proche de moi, Dieu m’aime et Dieu a plein de projets pour ma vie.
Jérémie; un Dieu . ou un prêtre?
Une parole biblique de Jérémie vient illustrer le thème de l’espérance. Mais au fait, qui est Jérémie? «Je crois que c’était un Dieu», lance un des participants qui, devant le regard hébété des animateurs, tente de corriger le tir: «Euh . ou peut-être un prêtre». La vérité étant ensuite rétablie (»un prophète»), un animateur prénommé Jonathan, qui a opté pour le principe: «à garçons turbulents, moyens musclés», assène et fait répéter des vérités de la foi sur un air digne de «GI américains» dans un film d’Oliver Stone, et en intercalant des appuis-faciaux entre les strophes. Les enfants, étonnés et amusés, se prêtent au jeu. Invités ensuite à confectionner un calendrier de l’Avent, ils se lancent: «Dépêchons-nous de finir, après on va jouer au foot».
«Vous savez, les moyens d’animation ne sont pas les mêmes partout. Allez aussi voir dans les autres groupes», glisse discrètement Jonathan, mi-amusé mi-gêné, à l’observateur présent. Un coup d’oeil dans la maison confirme rapidement ce point de vue: tout est calme dans les autres salles. Les groupes de filles et celui des plus petits garçons s’adonnent avec tout le soin et la concentration requis à la décoration de calendriers de l’Avent. BB
Encadré:
Une émanation des milieux évangéliques
Les animateurs, hormis les enfants ayant dépassé la limite de 12 ans et qui ont voulu poursuivre comme auxiliaires, sont tous issus des quatre communautés évangéliques de Fribourg: les deux Eglises évangéliques libres, l’Eglise évangélique multi-ethnique (essentiellement africaine) et l’Eglise du Réveil. Celles-ci ne rassemblent que «quelques centaines de membres» selon les estimations de Jean-David Hasler.
Les animations de Quartier Libre ont lieu dix fois par an. Le budget se monte à 15’000 francs. Seul l’animateur responsable, qui a réduit son activité professionnelle pour prendre cette tâche en charge, reçoit une rémunération. Les frais sont couverts par les communautés évangéliques de Fribourg.
Les animations ne constituent que la face visible de «Quartier libre». Entre temps, les responsables visitent les enfants inscrits aux animations – et ceux qui ont participé une fois et ont manifesté leur désir de revenir – ainsi que leurs parents pour les inviter à la prochaine animation. Ce procédé permet de lier des contacts avec des familles reconnaissantes d’être visitées. Ainsi en est-il, selon Jean-David Hasler, des plusieurs étrangers confrontés au «chacun pour soi» en Suisse et trouvent dans le voisinage beaucoup moins de chaleur que dans leur pays d’origine. «Ils ressentent parfois comme un honneur que des Suisses leur rendent visite». Dans un cas précis, une visite dans une famille où l’enfant perturbait les rencontres a ensuite débouché sur un contact plus suivi. Et l’enfant s’est montré par la suite beaucoup plus coopératif.
La meilleure publicité pour «Quartier libre» reste le contact direct. Le bouche à oreille ou encore la distribution de ballons dans les quartiers.
Encadré:
Un projet lancé dans les quartiers difficiles de New York
Selon son site internet (www.quartierlibre.ch), Quartier Libre s’inspire du programme de Metro Ministries International à New York, créé et mené par le pasteur Bill Wilson. Chaque semaine, cette organisation rejoint selon ses propres informations plus de 23’000 enfants dans des quartiers difficiles de New York, tels que le Bronx, Brooklyn, Bushwick, Harlem, etc. Ce programme est aujourd’hui multiplié dans plus de 500 grandes villes en Amérique du Nord et dans le monde entier. En Suisse romande, 25 groupes sont recensés. Le groupe de Fribourg a été lancé en 2003, celui de Marly en 2005.
A la suite du programme «Quartier Libre» d’autres programmes ont vu le jour :
– «Antizone», des soirées pour les adolescents à partir de 12 et jusqu’à 15 ans.
– «Etincell’», des groupes d’enfants entre 7 et 10 ans qui se retrouvent dans le salon de l’un deux pour un moment de partage autour de la Bible.
– «Matinées mamans» rassemble des mamans pour des activités diverses : discussion autour du thème de l’éducation des enfants, cuisine locale, décoration florale, etc. L’idée est de passer un moment d’amitié dans une ambiance conviviale.
Notes: Des photos gratuites de Quartier Libre peuvent êtres demandées à apic@kipa-apic.ch. Le logo et des informations supplémentaires sur Quartier Libre se trouvent sur le site internet www.quartierlibre.ch
(apic/bb)
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