Eglises et mosquées pour cibles

Nigeria: Nouvelles flambées de violences interreligieuses

Abuja, 14 décembre 2007 (Apic) Au moins un mort, des centaines de personnes déplacées, deux mosquées et trois églises chrétiennes incendiées: c’est le bilan, encore provisoire, des violences qui se sont abattues ces dernières 48 heures sur la ville de Bauchi, chef-lieu de l’État homonyme au nord du Nigeria, qui s’est une nouvelle fois retrouvé le cadre de tensions religieuses, politiques et sociales.

Selon la presse locale, les violences ont commencé après qu’un groupe d’individus a détruit le chantier d’une mosquée en construction dans le quartier de Kagadama. Par représailles, des groupes de jeunes s’en sont pris à d’autres zones voisines et ont incendié plusieurs églises chrétiennes, déclenchant la réaction d’autres groupes qui ont attaqué des mosquées.

La presse dit craindre que le bilan d’un mort dans le cadre des affrontements qui ont opposé les différents groupes armés ne soit voué à augmenter, dans la mesure où des témoins évoquent de «nombreuses victimes», sans toutefois fournir de plus amples détails. Pendant ce temps, des centaines de personnes et familles ont quitté les quartiers du centre de Bauchi et cherché refuge chez des proches ou dans les casernes de police.

Le gouverneur de l’État de Bauchi, Mallam Isa Yuguda, qui se trouvait à Abuja, est revenu d’urgence en ville et a imposé un couvre-feu nocturne dans le but de ramener le calme. Le gouverneur, s’adressant à la presse locale, a lui-même souligné qu’en dépit du fait qu’églises et mosquées se sont retrouvées la cible des attaques, ces violences n’ont rien à voir avec la cohabitation religieuse, mais qu’elles se rattacheraient plutôt à la vie politique locale.

Manipulations

«Il y a des politiciens dont le seul but est de créer la confusion dans l’État et qui, pour atteindre leur objectif, en sont arrivés à engager des jeunes pour provoquer le chaos», a dit Yuguda au quotidien ’This Day’, cité par Misna.

Depuis 1999 (l’année de l’ascension au pouvoir de l’ex-président Olusegun Obasanjo qui mit fin à 15 ans de gouvernements militaires), plus de 10’000 (15’000, selon d’autres sources) personnes auraient été tuées dans le pays dans le cadre de combats ethniques, religieux et politiques.

Selon Misna, de jeunes chômeurs, habilement manipulés par les forces politiques locales, sont essentiellement à l’origine de ces violences. (apic/misna/pr)

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