Israël: Les négociations avec le Saint-Siège durent depuis 14 ans sans grands résultats
Tel Aviv, 16 décembre 2007 (Apic) Les négociations sans fin entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël durent depuis 14 ans, sans grands résultats. Jeudi 13 décembre s’est conclue au siège du Ministère israélien des Affaires des étrangères une nouvelle réunion plénière de la Commission bilatérale permanente entre le Saint Siège et l’Etat d’Israël.
Dans un communiqué laconique publié à la fin de la rencontre, on peut lire que la rencontre avait pour but de « faire progresser les négociations sur l’art. 10.2 de l’Accord fondamental entre le Saint-Siège et Israël ». La délégation du Saint-Siège était conduite par Mgr Pietro Parolin, et la délégation israélienne, pour l’occasion, était conduite par le directeur général du Ministère israélien des Affaires étrangères, Aaron Abramovich.
« La frustration est grande, les discussions traînent en longueur »
« La frustration est grande, les discussions traînent en longueur et, suite à la signature de l’Accord Fondamental entre Israël et le Saint-Siège le 30 décembre 1993, on a l’impression d’avoir été trompés », a confié à l’Apic un responsable catholique à Jérusalem. Il y a déjà 14 ans, le Saint-Siège et Israël signaient l’Accord qui ouvrait la voie aux pleines relations diplomatiques.
Les premières rencontres entre Israël et le Vatican avaient immédiatement fait apparaître le point principal de désaccord entre les deux Etats: Israël voulait avant tout obtenir l’établissement de relations diplomatiques avec le Vatican. Les questions comme la liberté religieuse, la taxation de l’Eglise et de ses oeuvres sociales, l’éducation, les visas pour son personnel, ne venaient à ses yeux qu’en second lieu. Le Saint-Siège, en revanche, voulait aborder tout de suite ces questions pratiques, et conclure ensuite ces accords par l’établissement des relations diplomatiques.
Ici, on a l’impression que le Vatican a été trompé
« Dans cette affaire, le Vatican s’est fait avoir, car les Israéliens ont réussi à faire accepter au Saint-Siège de signer l’Accord fondamental avant les accords secondaires, qui règlent les problèmes concrets et qui sont toujours en suspens. Normalement, c’est le contraire que l’on fait. L’Etat d’Israël mise beaucoup sur la propagande et sur son image à l’extérieur, mais quand on veut obtenir quelque chose de concret pour les chrétiens de Terre Sainte, alors c’est une autre histoire! », lâche un prêtre de Jérusalem proche des négociations.
« Après 14 ans, cet Accord fondamental n’a pas été traduit par une législation concrète à la Knesset, le nonce apostolique en Israël doit attendre deux mois quand il demande une audience, alors que l’ambassadeur d’Israël au Saint-Siège passe sans problème quand il veut dans toutes les congrégations vaticanes. Il faut le dire très fort, on a le sentiment d’avoir été trompés! », confie le prélat à l’agence Apic. Cet ecclésiastique, qui vit en Terre Sainte depuis de nombreuses années, regrette qu’en raison du crime abominable de la « shoah » commis par les nazis, les Occidentaux soient complexés quand ils doivent traiter avec Israël.
Notons que lundi 17 décembre, le Père franciscain Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre Sainte, ainsi qu’un représentant de la Congrégation pour les Eglises Orientales, donneront au Vatican une conférence sur « La situation des chrétiens en Terre Sainte ». (apic/asian/com/be)
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