Le pape attend toujours des «signaux positifs» de l’Etat hébreu
Rome, 17 décembre 2007 (Apic) Le Saint-Siège a souligné lundi 17 décembre les grandes difficultés de l’Eglise à traiter avec Israël. Ayant obtenu l’établissement de relations diplomatiques avec le Saint-Siège, l’Etat hébreu traîne les pieds depuis plus de 13 ans pour finaliser des accords juridico-financiers garantissant les droits fondamentaux de l’Eglise en Terre Sainte.
De son côté, le pape Benoît XVI a certes «un grand désir» de se rendre en Terre Sainte, mais il attend toujours de la part d’Israël des «signaux positifs» dans des négociations qui traînent en longueur.
Dans un communiqué commun, les deux parties qui négocient depuis 13 ans sur un des aspects de l’Accord fondamental bilatéral signé en 1993 ont cependant souhaité «parvenir à de nouveaux progrès dans les prochains mois et conclure l’accord dès que possible».
Israël fait traîner les négociations depuis 13 ans
De retour d’Israël où il a participé à la commission de travail entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël en vue d’un accord juridico-financier bilatéral, Mgr Antonio Maria Veglio ne s’est pas montré très optimiste. Le secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales a laissé entendre que tant que cette situation se maintiendra, il sera «difficile de penser à un voyage du pape en Terre Sainte».
Lors d’une conférence de presse au Vatican le 17 décembre, il a souligné les difficultés de l’Eglise à «traiter avec Israël». Au cours de ce point de presse, le Père Pierbattista Pizzaballa, custode franciscain de Terre Sainte, a quant à lui évoqué la difficile situation des chrétiens en Terre Sainte.
Au terme de deux jours de travail à Jérusalem, les 12 et 13 décembre 2007, la Commission de travail entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël en vue d’un accord juridico-financier bilatéral n’a encore abouti à rien de concret. «Les communiqués disent tout et rien, mais cette fois le communiqué a tout dit parce que le ’rien’ qu’on vous a communiqué est la réalité», a ainsi affirmé Mgr Veglio. «Le groupe restreint de travail a bien travaillé mais quand nous en sommes arrivés à traiter des points plus sensibles, cela s’est ralenti», a-t-il déclaré. «Espérons que nous arriverons à une solution d’ici 13 ans», a-t-il ironisé, évoquant la prochaine réunion fixée au mois de mai 2008 à Rome.
«S’il n’y avait pas les lieux saints, qui se rendrait en Israël ?»
Avec une certaine amertume, le haut prélat a souligné que les noms des personnes membres des deux commissions prenaient plus de place sur le papier que le communiqué final distribué à la presse. «Tant qu’on parle de paix ou de promotion de la femme, on arrive vite à un document commun», a-t-il expliqué, «mais dès que l’on parle de taxes, les divergences émergent». «S’il n’y avait pas les lieux saints, qui se rendrait en Israël ?», s’est-il demandé avant d’ajouter que l’Etat d’Israël devrait en tenir compte.
«On doit affronter des problèmes délicats», a continué le secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales. Tandis que le Père Pizzaballa évoquait «l’amélioration» de la situation des franciscains en Terre Sainte, Mgr Veglio a souligné qu’il trouvait le custode de Terre Sainte «très optimiste». «Tant que la situation se maintiendra ainsi, il sera difficile de penser à un voyage du pape en Terre Sainte», a ajouté le haut prélat italien.
Le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a alors souligné que le pape avait certes un grand désir d’aller en Terre Sainte, mais il faut attendre une amélioration de la situation et des rapports de l’Eglise avec les réalités locales. «Il y a des signes positifs à encourager», a-t-il ajouté. Le Père Lombardi a aussi affirmé qu’il n’y avait, pour l’instant, aucun projet concret. Pour 2008, en tous cas, «on n’en parle pas».
Pas de visite du pape en Terre Sainte en 2008
Le Père Pierbattista Pizzaballa a évoqué la situation des chrétiens en Terre Sainte qui demeurent une «réalité très réduite», évoquant la «grande souffrance» de la communauté chrétienne, pourtant «très fière et très convaincue». Il a aussi souligné que les chrétiens de la bande de Gaza étaient ceux qui vivaient la situation la plus difficile. Mais à ses yeux la réalité des chrétiens en Terre Sainte n’est pas comparable au drame que vivent les chrétiens en Irak.
Le custode de Terre Sainte a aussi évoqué le nombre croissant de pèlerinages, soulignant qu’il y avait eu beaucoup plus de réservations cette année que l’année du Jubilé de l’an 2000. L’année 2008 s’annonce elle aussi sous de bons auspices. Le Père Pizzaballa, a souligné l’importance du dialogue avec les autres religions dans un pays où la laïcité n’existe pas. Avec le monde islamique, le custode de Terre Sainte a évoqué un dialogue qui se fonde surtout dans la vie en commun, particulièrement dans les écoles chrétiennes où musulmans et chrétiens étudient ensemble. «Les rapports avec le monde juif sont très différents car Israël n’a pas besoin de nos écoles ou de nos hôpitaux», a-t-il ajouté. (apic/imedia/ms/be)
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