Turquie: L’attaque contre le capucin semble motivée par la haine envers les chrétiens
Istanbul, 18 décembre 2007 (Apic) L’attaque au couteau contre un capucin, dimanche 16 décembre à Izmir, a été motivée par un sentiment de haine envers les missionnaires chrétiens. C’est ce qu’a déclaré l’auteur présumé, affirmant à la police qu’il a été influencé par une série TV sur le thème des missionnaires chrétiens en Turquie.
Un jeune de 19 ans a poignardé Frère Adriano Francini dans une église d’Izmir dimanche à la fin de la messe. Il s’est enfui, avant d’aller se rendre à la police.
Selon la presse locale, lors de son interrogatoire l’agresseur a affirmé qu’il a été influencé par la série TV «Vallée des loups» connue pour ses tendances nationalistes, et qui a abordé récemment le thème des missionnaires chrétiens. Selon le quotidien «Hürriyet», plusieurs sites internet reprochent à Adriano Francini d’être un missionnaire.
L’agression a été dénoncée fortement par la Commission de l’Union européenne. Pour le vicaire apostolique d’Anatolie, Luigi Padovese, cet acte pourrait constituer une tentative d’éloigner la Turquie de l’Europe.
Pour sa part, Frère Adriano Franchini tente de calmer le jeu depuis sa chambre d’hôpital. «Quel complot international ? Quel climat d’intolérance ? Certains journaux ont écrit des bêtises horripilantes sur ce qu’il s’est passé, qui reste un fait triste, déplorable, mais isolé. Et je n’ai pas non plus l’intention de porter plainte», s’est-il insurgé dans une déclaration à l’agence catholique Misna.
«Ce garçon s’est approché et m’a demandé de recevoir le baptême, comme ça, d’un coup», a-t-il expliqué. «J’ai immédiatement remarqué qu’il avait des problèmes de santé. Je lui ai fait comprendre très calmement qu’il fallait qu’il résolve auparavant ses problèmes et c’est alors qu’il a soudainement commencé à hurler. Moi, instinctivement, j’ai reculé, je pensais qu’il m’avait donné un coup de poing. Ce n’est qu’après que j’ai compris qu’il m’avait poignardé, mais entre le fait que j’avais déjà reculé et les vêtements lourds que je portais, la blessure n’a été que superficielle et n’a pas touché les organes internes». «Pour abattre de vieux chênes, il faut bien plus qu’un petit couteau. Je me sens très bien», a ajouté le capucin.
Cette agression a également ébranlé les autorités locales. «Hier, le Premier ministre turc se trouvait par hasard à Izmir et il a envoyé de nombreux députés ici, à l’hôpital, pour
apporter tous ses voeux de rétablissement. Ce matin, le consul italien et l’archevêque d’Izmir sont venus eux aussi», a expliqué à Misna Père Paolo Rovatti, qui assiste son confrère blessé. (apic/misna/kna/job/bb)
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