Allemagne: Le cardinal Lehmann défend le droit des chrétiens en pays d’islam
Berlin, 19 décembre 2007 (Apic) Le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, soutient la liberté religieuse des musulmans en Occident. Pour autant que les chrétiens aient la contrepartie en pays musulmans.
« De mon point de vue, on pourrait même construire à Rome une mosquée qui serait plus haute que la Basilique Saint-Pierre. Mais j’aimerais en contrepartie ne pas être arrêté si je dis la messe en Arabie Saoudite. En clair: sans réciprocité, le respect des droits fondamentaux comme la liberté religieuse ne peut fonctionner dans la durée », a déclaré le prélat allemand dans une interview à paraître en janvier dans le mensuel Cicero.
Le cardinal Lehmann, archevêque de Mayence, pointe également du doigt la Turquie, principal pays d’origine des immigrants en Allemagne. « Jusqu’à maintenant, on ne peut parler d’un exercice libre de la religion dans les pays imprégnés d’islam, dans le sens d’un droit fondamental de la liberté religieuse – et ceci y compris en Turquie qui veut entrer dans l’UE ». Le président de la Conférence épiscopale allemande juge la politique religieuse de la Turquie « euro-incompatible », du moins en partie. L’acceptation des activités chrétiennes dans ce pays est surtout due, selon lui, à un effort politique en vue d’être admis dans l’UE.
Le cardinal Lehmann prône l’apprentissage de la langue allemande comme principal moyen d’intégration des immigrants en Allemagne. « Je crois que nous avons été énormément insouciants dans les questions d’intégration et que nous avons totalement sous-estimé les problèmes de langue dans la rencontre », a-t-il affirmé. A Mayence, il passait régulièrement devant un stand de kebab où le tenancier faisait le geste de couper le cou avec un couteau en apercevant le prélat catholique. Et ce dernier ne pouvait entrer en dialogue avec lui, car il ne parlait pas un mot d’allemand.
Pas le pendant libéral du pape
Interrogé sur ses rapports avec son compatriote Benoît XVI, le cardinal Lehmann refuse d’être considéré comme le pendant libéral du pape. « Je ne suis vraiment pas si libéral », affirme-t-il, ajoutant: « Je me sens beaucoup trop catholique. Je ne voudrais jamais être une figure opposée au pape ». Et de rappeler sa reconnaissance à l’égard de son compatriote, qui est neuf ans plus âgé que lui et l’a aidé en de nombreuses circonstances durant sa vie.
Il réfute également l’affirmation selon laquelle il a tenté d’empêcher le choix du cardinal Ratzinger comme pape. « Je n’avais jamais imaginé qu’un Allemand allait être élu, et cela n’a absolument rien à voir avec la personne de Joseph Ratzinger ». « Mais aujourd’hui, je suis heureux que quelqu’un dont je tiens la théologie en haute estime soit devenu pape. Et même si je suis parfois d’un avis contraire au sien, je dois vraiment dire que j’ai plus appris de lui que ce que l’on pourrait croire », assure l’archevêque de Mayence. (apic/bb)
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