Genève: L’abbé Michel Demierre quitte son activité de réalisateur à la TV romande
Bernard Bovigny, Apic
Genève, 19 décembre 2007 (Apic) Il assurera la réalisation de la messe de minuit en eurovision, en direct de la cathédrale St-Nicolas à Fribourg, et celle de la rencontre européenne des jeunes de Taizé le 30 décembre à Genève. Puis l’abbé Michel Demierre rangera son bureau et quittera la TV suisse romande (TSR) après 33 ans d’engagement à l’équipe des émissions religieuses.
Cet important changement ne semble pas vraiment l’émouvoir. En réalité, pour l’instant, il n’a pas le temps de ruminer sur son avenir. L’actualité immédiate, c’est la réalisation de la messe de Noël, menée pratiquement en parallèle avec la couverture de la rencontre de Taizé. Entre deux repérages, installations et prises de son à la cathédrale St-Nicolas, Michel Demierre a tout de même évoqué pour l’Apic ses projets d’avenir – encore très vagues – et porté un regard sur plus de trois décennies passées à l’ombre des plateaux TV, hors du champ de vision des caméras.
62 ans, c’est un drôle d’âge pour quitter une profession. «En fait, mon départ était déjà décidé il y a trois ans. Mais il faut du temps pour trouver un successeur et le former. La formation est complexe. Ce métier touche le journalisme, la réalisation, et demande aussi une connaissance des métiers techniques», explique Michel Demierre, ajoutant qu’il ne pensait jamais rester 33 ans à la TSR au moment où il a été engagé.
Encore aucun engagement prévu l’an prochain
Après une fin d’année «sur les chapeaux de roues», il passera encore quelques temps à la tour de la TSR à Genève, pour ranger son bureau et trier des images d’archive. Et pour la suite, rien n’est encore décidé. Aucun engagement n’a été convenu avec l’évêque. Michel Demierre souhaite prendre un temps sabbatique, puis se verrait volontiers pour une part dans le Tiers-Monde et dans une équipe pastorale en Suisse romande. «Disons 50% / 30%, en sachant que dans l’Eglise ça déborde toujours», lance-t-il.
Le départ de Michel Demierre signifie également la fin d’une présence sacerdotale au CCRT, que ce soit à la TV, à la radio ou encore au secrétariat à Lausanne. «Pour la TSR, je ne sais pas si mon rôle de prêtre était important. Pour les gens que j’ai rencontrés, peut-être. Cela s’est concrétisé au fil des années par des célébrations de mariage, par des baptêmes et aussi des funérailles», affirme-t-il. Dans tous les cas, aucun temps n’était dégagé pour une activité d’aumônerie. «Mais déjà comme réalisateur, je suis déjà constamment en relation avec des gens. Seul, je ne peux absolument rien faire», souligne Michel Demierre, en insistant sur l’excellente qualité de la collaboration, avec toute l’équipe technique de la TSR, avec l’équipe oecuménique des émissions religieuses, et avec l’ensemble du CCRT notamment. Et au niveau international aussi, «ça fonctionne super bien», assure-t-il. Une messe par année est produite en eurovision par la TSR, laquelle en reçoit cinq autres de différents pays. Ce qui a permis à la Suisse de bénéficier de retransmissions de messes de pays très éloignés, par le biais de France 2 notamment.
Donner la parole aux anonymes
Parmi les souvenirs les plus marquants de ces 33 dernières années, Michel Demierre se souvient en particulier d’un reportage au Rwanda après le génocide, auprès de personnes qui venaient de perdre plusieurs proches. Et de la présentation d’un jeune handicapé cultivant du café et du thé dans les montagnes au Vietnam. Ainsi que d’autres reportages en Israël, au Cameroun, en Syrie, . Il cite également une émission tournée cette année avec des Romands en pèlerinage à Lourdes pour le 150e anniversaire des apparitions: «un beau moment». Et une réalisation où la composition du sujet est le plus important, car le cadre et les images s’imposent d’eux-mêmes. «Nous partons d’une réalité existante et nous essayons de la transmettre aux téléspectateurs».
Mais le plus important, pour lui, reste l’éclairage oecuménique de ce qui se passe chez nous, à savoir «établir le contact avec les anonymes et leur donner la parole, dans un média où les gens connus ont largement leur place». «On s’adresse à des anonymes, pour lesquels la foi et la spiritualité sont en adéquation avec la simplicité de la vie», explique-t-il.
Encadré
Plusieurs fois lauréat du Prix Farel
Agé de 62 ans, natif de Montet dans la Glâne fribourgeoise, Michel Demierre a fréquenté le Collège St-Michel, puis le séminaire diocésain à Fribourg. Ordonné prêtre par Mgr Pierre Mamie en 1970, il est d’abord engagé comme vicaire à la paroisse St-Nicolas. C’est en 1975 qu’il et sollicité par le Centre catholique de Radio et Télévision pour se former comme réalisateur, et prendre la succession de l’abbé Henri Nicod. Durant ses nombreuses années d’engagement, il a reçu à plusieurs reprises le Prix Farel pour des reportages qu’il a réalisés, la dernière fois en octobre 2006 pour «Un monastère au coeur de l’Islam».
Michel Demierre a reçu en 2006 le Prix catholique de la communication, décerné par la Commission des médias de la Conférence des Evêques Suisses, en compagnie de son ancien collègue tessinois Don Valerio Crivelli.
Il a été membre durant plus de dix ans de la Conférence de Prague des producteurs d’émissions religieuses TV en Europe.
Encadré:
Messe de minuit en direct de la cathédrale de Fribourg
C’est de la Cathédrale St-Nicolas à Fribourg, ville qui fête cette année son 850e anniversaire, que sera retransmise le 24 décembre à minuit la messe de la nuit de Noël. La célébration sera présidée par Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, accompagné du chanoine Claude Ducarroz, prévôt de la cathédrale, et du chanoine Jacques Pillonel, curé de l’unité pastorale de St-Nicolas.
Et c’est la messe de St-Nicolas de Joseph Haydn, pour grand choeur, solistes et orchestre que dirigera le maître de chapelle Pierre-Georges Roubaty. Les mêmes interprètes chanteront aussi divers noëls traditionnels, tandis que Jean-Louis Feiertag tiendra les grandes orgues. Le commentaire sera assuré par André Kolly, directeur du CCRT. La messe sera transmise en direct sur TSR1, ainsi que sur les ondes radio de RSR – Espace 2.
La cathédrale St-Nicolas a été édifiée dès le 13e siècle, rappelle le CCRT sur son site internet. Elle comporte des trésors de la période gothique comme les stalles des chanoines, une monumentale grille du choeur, ou un ensemble impressionnant du St-Sépulcre que l’artiste Manessier illuminera plus tard de ses verrières.
L’art baroque a inspiré un nouveau décor sur les voûtes. A l’entrée du 20e siècle, l’artiste polonais Josef Mehoffer a créé de remarquables vitraux. A l’occasion de la messe de minuit, plusieurs vitraux se trouvant dans le champ de caméras seront illuminés depuis l’extérieur.
(apic/bb)
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