Le pape dénonce l’exploitation des ressources

Rome : Noël est une fête de la création et de l’environnement, estime Benoît XVI

Rome, 25 décembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a dénoncé «l’utilisation abusive des ressources sans aucune précaution» et a appelé à «donner du temps» à ceux qui ont besoin d’aide pendant la messe de minuit célébrée à la basilique Saint-Pierre.

Benoît XVI a dénoncé «les conditions dans lesquelles se trouve aujourd’hui la terre, en raison de l’utilisation abusive des ressources et de leur exploitation égoïste et sans aucune précaution».

Benoît XVI a estimé que la fête de Noël était «une fête de la création», dans son homélie prononcée lors de la messe de minuit, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2007. Devant des milliers de fidèles, le pape a appelé à préserver les ressources de la terre et invité la société à laisser «du temps et de l’espace pour Dieu» et pour son prochain.

Le pape a ainsi expliqué qu’à Noël, le Christ «est venu pour redonner à la création, au cosmos, sa beauté et sa dignité». «La terre est restaurée précisément par le fait qu’elle est ouverte à Dieu, qu’elle retrouve sa vraie lumière ; et, dans l’harmonie entre vouloir humain et vouloir divin, dans l’union entre le haut et le bas, elle retrouve sa beauté, sa dignité», a-t-il ajouté. «Aussi, pour Benoît XVI, la fête de Noël est-elle une fête de la création restaurée».

Benoît XVI a aussi souligné combien le «cosmos tout entier» est aujourd’hui «lacéré et défiguré par le péché». «Qu’aurait-il dit s’il avait vu les conditions dans lesquelles se trouvent aujourd’hui la terre en raison de l’utilisation abusive des ressources et de leur exploitation égoïste et sans aucune précaution ?», a-t-il ajouté.

Evoquant ensuite la naissance du Christ, le pape a expliqué que si «les langes étaient prêts pour que l’enfant puisse être bien accueilli», dans la «salle commune, il n’y avait pas de place». «D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui», a-t-il ajouté. «Elle est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu». «Et plus les hommes deviennent riches, plus ils remplissent tout d’eux-mêmes, a continué le pape, et moins l’autre peut y entrer».

Interrogations

Aux yeux de Benoît XVI, «ces paroles, en définitive, nous concernent nous, chacun en particulier et la société dans son ensemble». «Avons-nous du temps pour le prochain qui a besoin de notre parole, de ma parole, de mon affection ? Pour la personne souffrante qui a besoin d’aide ? Pour le déplacé ou le réfugié qui cherche asile ? Avons-nous du temps et de l’espace pour Dieu ? Peut-il entrer dans notre vie ? Trouve-t-il un espace en nous, ou avons-nous occupé pour nous-mêmes tous l’espace de notre réflexion, de notre agir, de notre vie ?, s’est-il demandé.

«Le message de Noël nous fait reconnaître l’obscurité d’un monde clos, et il illustre ainsi, sans aucun doute, une réalité que nous rencontrons quotidiennement», a ajouté Benoît XVI. «Mais il nous dit aussi que Dieu ne se laisse pas mettre dehors». «Il trouve un espace, même s’il faut entrer par une étable». Pour le pape, «que nous soyons bergers ou sages – sa lumière et son message nous appellent à nous mettre en chemin, à sortir de notre enfermement dans nos désirs et dans nos intérêts, pour aller à la rencontre du Seigneur et pour l’adorer». «Nous l’adorons en ouvrant le monde à la vérité, au bien, au Christ, au service des personnes marginalisées, dans lesquelles Lui nous attend», a-t-il conclu.

Au début de la messe, au moment de la prière du Gloria, des enfants ont apporté des fleurs devant l’enfant Jésus qui avait été placé près de l’autel de la Confession, dans la basilique vaticane. Les cloches ont alors sonné en signe de fête. Au cours de la célébration, des prières ont notamment été lues en chinois et en arabe.

A l’issue de la messe, le pape a traversé la basilique remplie de milliers de fidèles pour aller bénir la crèche installée dans une des chapelles latérales de la basilique Saint-Pierre. La messe a été suivie à la télévision par 42 pays dont 6 pays d’Afrique, 15 américains, 5 asiatiques, 33 européens et 1 océanien. Au Vatican, de nombreux fidèles n’ont pas pu entrer dans la basilique et sont restés sur la place Saint-Pierre pour suivre la messe retransmise sur des écrans géants.

Ecologie : Le chef de l’Eglise anglicane emboîte le pas à Benoît XVI

Monde à protéger et écologie : le chef de l’Eglise anglicane, a emboîté le paps de Benoît XVI à propos de l’écologie. L’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a lui aussi prononcé un véritable plaidoyer écologique mardi à l’occasion de Noël. Il a prévenu ses fidèles que «l’avidité» humaine menaçait le fragile équilibre de la Terre.

Aux yeux de Rowan Williams, «lorsque nous menaçons l’équilibre des choses, nous ne mettons pas seulement en danger notre moyen de subsistance; plus intimement, nous mettons en danger notre sensibilité spirituelle – la possibilité d’être ouverts aux merveilles sans fin du monde qui nous entoure». Selon lui, les gens devraient se comporter envers autrui et envers la nature avec «déférence».

Dans son intervention de Noël, le chef de l’Eglise anglicane a également rendu hommage aux «peuples courageux et pleins d’amour» d’Israël et de Palestine. Un appel également répercuté lors de la messe de minuit célébrée à Bethléem par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, appelant en arabe les à la paix au Proche-Orient.

«Ce pays appartient à Dieu. Il ne peut pas être pour certains un pays de vie et pour d’autres un pays d’occupation et une prison politique», a-t-il déclaré dans la basilique de la Nativité. «Tous ceux qui sont rassemblés ici par Dieu doivent avoir la vie, la sécurité et la dignité», a-t-il affirmé aux fidèles venus du monde entier. (apic/ag/imedia/ms/pr)

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