Rome: Liturgie latine d’avant le Concile Vatican II
Rome, 30 décembre 2007 (Apic) Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Bertone, a annoncé que Saint-Siège fixerait «les critères d’application du Motu proprio» ’Summorum Pontificum’. Ce dernier traitant de l’usage des livres liturgiques en latin d’avant le Concile Vatican II (1962-1965). En outre, le cardinal Bertone a fait une synthèse de certaines grandes préoccupations politico-religieuses du Vatican.
Dans une longue interview à paraître dans l’hebdomadaire italien Famiglia Cristiana le 6 janvier 2008, le cardinal Bertone affirme que l’Eglise catholique devait être considérée comme une «ressource» et non comme «un obstacle ou un danger» pour le développement d’un pays. Le ’numéro deux’ du Saint-Siège dresse aussi un bilan de l’année 2007, évoquant notamment les grands dossiers de l’oecuménisme, de la Chine, d’Israël, du dialogue interreligieux ou encore des médias.
S’exprimant sur le Motu proprio libéralisant la messe selon le rite préconciliaire, le cardinal Bertone a évoqué des réactions «désordonnées». «Certains, a-t-il dit, ont accusé le pape d’avoir renié l’enseignement conciliaire tandis que d’autres ont interprété le Motu Proprio comme l’autorisation au retour du seul rite préconciliaire». Positions, à ses yeux, «toutes deux fausses, épisodes exagérés qui ne correspondent pas aux intentions du pape». C’est pourquoi, continue-t-il, «nous prévoyons de mettre au point une ’instruction’ qui fixe bien les critères d’application du Motu proprio» entré en vigueur le 7 juillet 2007.
La laïcité est anti-historique
Le cardinal Bertone s’est aussi exprimé sur la laïcité, soulignant que «la conception d’une laïcité opposée à religiosité» était «anti-historique». Il a cité «le président de la ’très laïque’ France, Nicolas Sarkozy, disant il y a quelques jours à Rome que l’Eglise catholique est une ressource et non un obstacle ou un danger pour le développement du pays». «Et cela ne contraste pas avec les idéaux républicains», a-t-il ajouté. «Ne serait-il pas possible que les laïcs italiens pensent de cette manière ?»
Sur le plan oecuménique, le cardinal Bertone a ensuite salué les pas en avant accomplis. Le problème oecuménique est l’une des priorités du pontificat de Benoît XVI, a ajouté le ’numéro deux’ du Saint-Siège, soulignant qu’un des problèmes à approfondir demeure le primat du pape. Ajoutant que sur quelques thèmes comme la famille, la paix, l’environnement, «l’unité est plus visible». «Sur les thèmes théologiques, la discussion continuera». Il pense que grâce à l’estime dont jouit Benoît XVI comme théologien, des pas concrets peuvent encore être faits.
Inteviewé ensuite sur la lettre envoyé au pape en octobre 2007 par les 138 intellectuels, religieux et dignitaires musulmans, le cardinal italien a estimé qu’elle «poussera à approfondir concrètement le dialogue avec l’Islam dans le pluralisme des positions», ajoutant: «la réponse du Saint-Siège a été positive et prélude à des pas ultérieurs». Il a rappelé que le pape a déclaré être prêt à recevoir une délégation, et qu’il a affirmé : «Nous devons raisonner sereinement sur ce qui nous unit sans oublier ce qui nous divise».
Le Proche Orient grande préoccupation de l’Eglise catholique
Puis le cardinal Bertone a encore évoqué la grande préoccupation de l’Eglise sur la situation au Proche-Orient. «Le pape en parle avec tous les leaders qui viennent en visite au Vatican» ajoutant qu’il avait consacré de nombreux appels à la paix au Proche-Orient durant les angélus dominicaux.
La politique de fermeture d’Israël bien que «compréhensible», restreint les mouvements des catholiques.»Nous comprenons les problèmes de sécurité en Israël», a poursuvi le cardinal, «mais cela ne peut pas se métamorphoser en une attitude négative envers les membres de l’Eglise catholique, qui a tant fait ces 15 dernières années. Soit pour régulariser les rapports avec Israël, soit pour améliorer la compréhension du judaïsme. «Nous nous sommes engagés dans un dialogue intense et pourtant nous n’obtenons pas de solution à beaucoup de problèmes concrets : droits de propriété, visas.Notre personnel religieux en Terre Sainte n’obtient pas de visas, et pourtant on ne peut pas dire qu’ils menacent la sécurité», a continué le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, «c’est une fermeture qui empêche une activité sereine».
Encyclique, Chine, Etats-Unis, médias catholiques.
A propos de l’encyclique de Benoît XVI, le cardinal Bertone a estimé que «le monde entier devra réfléchir» sur ce texte. Car «l’aspiration au bien-être, l’habitude de toujours tout avoir, de vivre ainsi dans le confort, l’euphorie de la richesse comme le moyen unique d’espérance, sont aujourd’hui mis en danger par la situation économique». Pour le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, c’est ce qui arrive quand on fonde l’espérance sur les biens matériels.
Evoquant, la Chine, le haut prélat italien a évoqué les quelques «ouvertures». Le cardinal Bertone a salué la reconnaissance par le parti communiste chinois, cette année, de la valeur positive des religions. Il a résumé sa position par la formule «disons que nous procédons à petits pas mais que nous allons de l’avant».
Evoquant ensuite le prochain voyage de Benoît XVI aux Etats-Unis, du 15 au 20 avril 2008, le ’numéro deux’ du Saint-Siège a reconnu que le voyage aurait lieu «en plein pendant la campagne électorale américaine». Mais que le pape était au-dessus des partis. Soulignant tout de même que «d’éventuelles instrumentalisations ne peuvent bien sûr pas être contrôlées».
Le cardinal Bertone a par ailleurs évoqué l’importance de raviver les synergies entre les medias catholiques, évoquant un projet auquel le Vatican travaille pour «relier L’Osservatore Romano et quelques quotidiens italiens». Il en sera de même pour les organisations non gouvernementales catholiques, ce qui devrait amener à ce que des actions communes ne soient pas «séparées ou pire, opposées». Pour le cardinal italien, «l’idée conciliaire ’d’Eglise communion’ doit être traduite dans l’action quotidienne des ONG et des medias catholiques : créer un lien, avec une efficacité majeure, afin de ne pas risquer le déclin et la perte du défi du rapprochement avec la société contemporaine».
Le cardinal Bertone a enfin parlé des préparatifs d’un voyage à Cuba pour le mois de février 2008. «J’aimerais vraiment voir le frère de Fidel Castro, Raul, qui guide aujourd’hui le pays», a-t-il affirmé. (apic/imedia/ms/vb)
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