Espagne : Gouvernement, PSOE et Eglise : l’escalade ?
Madrid, 3 janvier 2008 (Apic) Les réactions du PSOE et du gouvernement espagnol se poursuivent en Espagne, vives le plus souvent, contre la hiérarchie catholique espagnole, après le rassemblement catholique «pour la famille chrétienne», tenu dimanche à Madrid, à l’invitation de l’archevêché de Madrid. Une manifestation qui a réuni dans le centre de la capitale plusieurs milliers de personnes. 160’000 selon les autorités.
Etrangement, cette même hiérarchie garde pour l’heure le silence. Son site – wwww.conferenciaepiscopal.es – ne s’exprime pas sur les critiques. Des voix s’élèvent pourtant de plus en plus maintenant, y compris un édito du quotidien «El Pais», pour réclamer une séparation Eglise/Etat vigoureuse et pour couper l’aide financière accordée à la Conférence des évêques.
Lors de la manifestation de dimanche en plein coeur de Madrid, le cardinal Antonio María Rouco Varela, archevêque de Madrid avait estimé que l’ordre juridique est en train de faire marche arrière par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme. «Le gouvernement fait trembler les bases de la famille avec des loi iniques et injustes», avait pour sa part lancé l’archevêque de Tolède, Antonio Canizares. «La culture de la laïcité radicale est une tromperie qui ne conduit qu’à l’avortement et au divorce-express. Elle mène à la dissolution de la démocratie», avait de son côté martelé l’archevêque de Valence, Agustin Garcia-Gasco.
Inqualifiable
Pour le gouvernement espagnol, ces propos sont inqualifiables. «Ce que l’Eglise a fait dimanche n’a pas été une manifestation de défense de la famille – «comme si le gouvernement l’attaquait» – mais un authentique acte politique d’appui au Parti populaire (PP)». Au PSOE, le secrétaire du José Blanco relève que s’il est difficile, aujourd’hui, à la veille des élections, de promouvoir un laïcisme plus radical, rien n’empêche qu’il faudra bien aborder tôt ou tard la question. Y compris celle du financement de l’Eglise.
Le ministre de la Justice, Mariano Fernandez-Bermejo a condamné sévèrement les propos tenus dimanche par quelques archevêques : «Le ’nationale-catholicisme’ est aujourd’hui entré en campagne, par le biais de la hiérarchie catholique et de la droite réactionnaire».
La division ?
A la suite de la rencontre de dimanche, l’Eglise catholique a été accusée de mensonges et de mener campagne aux côtés du PP à moins de trois mois des élections. Le secrétaire du PSOE, José Blanco, a en effet accusé les évêques de tenir des propos mensongers, et exigé un rectificatif de l’Eglise catholique.
José Blanco a encore qualifié ces propos d’ «extrêmement graves». Pour le secrétaire du PSOE, la manifestation de dimanche n’était rien d’autre qu’un «meeting politique du Parti populaire (PP) conduit pas quelques archevêques». «S’ils veulent (réd : les archevêque en question) faire de la politique, c’est leur droit, mais alors qu’ils se présentent aux élections», a dit Blanco. Du côté de la rue, des catholiques disent ne pas être surpris des propos de la hiérarchie, mais redoutent un fossé qui va en s’élargissant de jour en jour. (apic/ag/arch/pr)
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