Rome: Appel à prier pour la réparation des péchés des prêtres, notamment les abus sexuels
Rome, 6 janvier 2008 (Apic) Le cardinal Claudio Hummes a appelé tous les diocèses, paroisses, monastères et séminaires dans le monde à mettre en place une «adoration eucharistique» pour prier pour la réparation des péchés commis par des prêtres et pour les victimes de tels actes.
Le message du préfet de la Congrégation pour le clergé vise notamment les abus sexuels et les actes de pédophilie commis par un très petit nombre de membres du clergé. Ces actes ont fait beaucoup parler d’eux, notamment aux Etats-Unis, mais également dans d’autres pays comme l’Irlande ou le Canada.
Dans une interview au quotidien du Saint-Siège L’Osservatore Romano, le 5 janvier 2008, le haut prélat brésilien a aussi évoqué l’importance d’une aide spirituelle pour aider les prêtres à accomplir leur vocation et leur mission dans un monde touché par une «culture post-moderne» très critique envers la religion.
«Nous demandons à tous de faire l’adoration eucharistique pour réparer devant Dieu ce qui a été fait de grave et pour accueillir de nouveau la dignité des victimes», a ainsi souligné le cardinal Hummes. «Oui, nous avons voulu penser aux victimes afin qu’elles nous sentent proches». «Nous nous référons surtout à elles, c’est important de le dire», a-t-il ajouté.
Moins de 1% des prêtres sont concernés
Pour le préfet de la Congrégation pour le clergé, il y a toujours eu des problèmes «parce que nous sommes tous pécheurs (..) Mais ces derniers temps, des faits vraiment très graves ont été signalés». Bien sûr, a-t-il ajouté, il faut toujours se souvenir que seule une petite part du clergé est impliquée dans des situations graves, soulignant que moins d’1 % a eu des problèmes de conduite morale et sexuelle. Et de relever que la très grande majorité des prêtres n’ont rien à voir avec des faits de ce genre. Mais pour lui, «tous les prêtres ont besoin d’aide spirituelle pour continuer à vivre leur vocation et leur mission dans le monde d’aujourd’hui».
Dans le collimateur: la culture «postmoderne»
Concrètement, le cardinal Claudio Hummes a proposé aux évêques de promouvoir dans les diocèses des ’cénacles’ dans lesquels consacrés et laïcs se dédient à la prière sous la forme de l’adoration eucharistique continuelle. Le cardinal brésilien a ensuite souligné combien il était différent d’être prêtre aujourd’hui en Amérique Latine, en Afrique ou en Europe. «En Europe, où il y a des sociétés plus avancées, il y a une culture très froide par rapport à la vie religieuse qui n’est pas appréciée (.) Il y a une culture trop laïciste», a-t-il continué. Pour le haut prélat, dans d’autres régions, au contraire, l’esprit religieux y est plus fort.
«En ce qui concerne les prêtres, un des défis que nous avons face à nous vient de la nouvelle culture post-moderne qui renverse tout et qui est très critique, voire même hostile envers la religion: c’est comme si la foi devait disparaître». Mais il se dit convaincu que le monde avec cette culture est en train de perdre et non de gagner. «Et il est aussi vrai que cette culture nous aide à avoir des attitudes critiques sur certains aspects du phénomène religieux».
Le préfet de la Congrégation pour le clergé a enfin souligné l’importance de la formation permanente du clergé. «Il faut une sélection rigoureuse et une formation exigeante pour les futurs prêtres», a conclu le cardinal Hummes. (apic/imedia/ms/be)
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