Rome : Le préposé général des jésuites invite son ordre à plus de visibilité
Rome, 7 janvier 2008 (Apic) Le père Peter-Hans Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus sur le point d’être remplacé, a invité les jésuites à rendre plus visible et explicite leur vie consacrée et leur engagement, dans un entretien accordé lundi au quotidien catholique français « La Croix ».
Le jour même s’est ouverte à Rome la 35e Congrégation générale des jésuites qui devra lui trouver un successeur.
Interrogé par La Croix sur la «chute des vocations» dans la Compagnie de Jésus, le père Peter-Hans Kolvenbach a invité à «prier, spécialement en Europe et en Amérique du nord, pour que le Seigneur envoie des ouvriers dans sa vigne». «Il nous revient de rendre plus visibles et explicites notre vie consacrée et notre engagement apostolique au service de l’oeuvre du Seigneur», a-t-il aussi affirmé.
En matière de mission propre des jésuites, outre l’éducation et l’engagement dans le domaine social, le père Kolvenbach a noté que les religieux étaient également «appelés vers des enjeux nouveaux». Et de citer : «le dialogue interreligieux, qui exige des hommes bien formés, ou l’univers des nouvelles techniques de communication».
Questionné par ailleurs sur la «réception» du Concile Vatican II à l’intérieur même de la Compagnie de Jésus, le père Kolvenbach a estimé que celui-ci avait été «un retour aux sources». Selon lui, le Concile n’a pas constitué une «rupture», mais a apporté des «changements permettant de sortir de coutumes périmées et de retrouver l’appel d’origine dans la nouveauté de l’Esprit».
Après 24 ans
Concernant les avertissements reçus encore récemment par des théologiens jésuites de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le préposé général de la Compagnie de Jésus a jugé que «le magistère et le théologien agissent tous deux au service du peuple de Dieu». Il a cependant précisé que «des tensions, voire des conflits, sont inévitables» et que «l’histoire de l’Eglise en est pleine». En matière d’inculturation, le père Kolvenbach a en outre estimé que les jésuites présents en Inde devaient «avoir le droit de reconnaître dans le visage du Christ les traits de leur propre culture».
Alors qu’il a démissionné et que cette démission doit encore être acceptée par la Congrégation générale qui vient de s’ouvrir, le père Kolvenbach a indiqué qu’»être général à vie ne signifie pas mourir dans sa charge». Après 24 ans passés à la tête de la Compagnie de Jésus, le père Peter-Hans Kolvenbach a enfin précisé qu’il retournerait «sous l’obéissance de (son) supérieur provincial» et poursuivrait probablement sa mission au Liban où il fut ordonné prêtre en 1961. (apic/imedia/ami/pr)
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