Otto Schäfer traite des « vrais enjeux d’un faux débat »
Neuchâtel, 16 janvier 2008 (Apic) Combattant les thèses darwinistes de l’évolution de l’univers par le biais de la sélection naturelle, les théories du créationnisme et de l’ »Intelligent Design », le « dessein intelligent », trouvent de nombreux adeptes dans les milieux évangéliques américains et bien au-delà. Spécialiste de l’évolutionnisme et du créationnisme, Otto Schäfer, chargé d’éthique auprès de la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS), donnera une conférence à Neuchâtel (*) sur le thème « Création contre Evolution? Les vrais enjeux d’un faux débat ».
Docteur en biologie et théologien, Otto Schäfer va, dans sa conférence, contrer les arguments du créationnisme et du « dessein intelligent », en fait une nouvelle théorie créationniste qui tente de présenter ses arguments contre la théorie de l’évolution de manière plus « scientifique ». Pour lui, le créationnisme et le « dessein intelligent » ne résistent pas à l’examen critique.
A ses yeux, il faut récuser ces théories pour des raisons scientifiques et théologiques. En ce sens, il s’agit « d’un faux débat ». D’autre part, ce « faux débat » pose de vraies questions et comporte de vrais enjeux: la science n’a pas réponse à tout et elle transgresse ses limites en devenant idéologique, matérialiste et athée. La théorie de l’évolution ne résume pas toutes les approches de la nature. « Lire la Création dans l’Evolution », voilà qui reste une tâche belle et importante pour la foi, estime-t-il.
Le réformateur Jean Calvin a qualifié la nature de « théâtre de la gloire de Dieu ». Dans cet esprit, de nombreux scientifiques et naturalistes ont exploré l’univers et la vie. Ils étaient convaincus que recherche scientifique et adoration du Créateur allaient de pair. Or, depuis Charles Darwin et son « Origine des espèces » (1859), cette convergence est remise en question: le vivant et même l’humain ne sont-ils pas le résultat du hasard et de la nécessité ? Ne sont-ils pas inscrits, mécaniquement, dans les lois de la matière ? Comment parler encore de Création et du Créateur ?
Des juifs et des musulmans « créationnistes »
Se réclamant, entre autres, du célèbre savant Louis Agassiz (né à Môtier, dans le canton de Fribourg en 1807 – décédé aux Etats-Unis en 1873, après une longue carrière scientifique dans ce pays), des croyants conservateurs rejettent la théorie darwinienne de l’évolution et son développement ultérieur et actuel.
Connu principalement pour son travail sur les glaciations dans les Alpes, Agassiz l’est aussi pour être un des derniers grands zoologistes à ne pas avoir accepté la théorie de Charles Darwin sur l’évolution
Des « créationnistes », souvent issus des milieux fondamentalistes, vont jusqu’à la nier toute théorie de l’évolution et affirment par exemple, sur la base d’une lecture littéraliste de la Bible, que le monde a effectivement été créé par Dieu en six jours. On trouve divers courants de type « créationnistes » également chez les juifs et les musulmans. Les créationnistes sont Américains, mais également Européens. Désormais ils viennent même de tous les continents et ils peuvent être chrétiens, juifs ou musulmans.
Visant surtout les programmes scolaires ils font grand bruit. Ils revendiquent la légitimité d’une science différente: »Creation Research », c’est-à-dire la recherche sur la Création. Ils ne sont pas tous d’accord entre eux: pour les uns, l’évolution de la vie terrestre n’a jamais eu lieu. Ce sont les créationnistes au sens strict. D’autres admettent l’évolution mais estiment qu’elle ne s’explique pas sans le plan d’une « intelligence créatrice » (Intelligent Design).
Notons que l’an dernier, le Turc Adnan Oktar, qui écrit sous le pseudonyme d’Harun Yahya, a répandu un peu partout en Europe et aux Etats-Unis son luxueux « Atlas de la Création », qui affirme que « les espèces n’ont jamais changé » et que « l’évolution est une imposture ». JB/Com
(*) Temple du Bas, 29 janvier 2008 à 20h. (apic/com/be)
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