«En démocratie, c’est la majorité qui doit gouverner»
Beyrouth, 16 janvier 2008 (Apic) Le patriarche maronite Nasrallah Sfeir a dénoncé mardi 15 janvier la «collusion entre certains Libanais et l’étranger», rapporte la presse libanaise de mercredi. Il a relevé que de ce fait, «la Syrie est aujourd’hui présente politiquement au Liban après en être sortie militairement».
Se prononçant en priorité pour une solution libanaise à la crise, il a exprimé ses craintes face à une internationalisation. Il a toutefois reconnu qu’il s’agirait d’un dernier recours, lorsque les solutions intérieure et arabe se révéleront hors de portée.
Il a d’autre part réaffirmé son point de vue selon lequel c’est la majorité qui doit gouverner dans une démocratie parlementaire, se refusant à cautionner le principe de la «voix déterminante» du président de la République.
Recevant au siège patriarcal de Bkerké une délégation de l’ordre des journalistes, il a relevé que «dans le passé, la présence syrienne était le principal obstacle», rapporte mercredi le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour». «Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, l’obstacle vient de l’intérieur du Liban, mais cela ne signifie pas que l’étranger n’y est pour rien. La présence syrienne était militaire. Aujourd’hui, elle est devenue de nature politique. Comme vous le savez, il y a une sorte de collusion entre certains Libanais et l’étranger».
Interrogé sur la proposition du général Michel Aoun, qui demande l’adoption d’un texte constitutionnel sur le pouvoir attribué au président de la République de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre au sein du Conseil des ministres, Mgr Sfeir a précisé qu’il n’était pas de cet avis. «Dans les pays démocratiques, il y a une majorité et une minorité, et c’est la majorité qui doit gouverner», a-t-il lancé. «La démocratie consensuelle s’applique en cas de guerre ou de péril menaçant», a-t-il ajouté, suggérant ainsi que le consensus doit être l’exception, non la règle. (apic/orj/be)
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