Liban: Les partisans du patriarche Nasrallah Sfeir prennent sa défense
Beyrouth, 18 janvier 2008 (Apic) Les partisans du patriarche Nasrallah Sfeir ont pris sa défense en cette fin de semaine après une campagne de ténors chrétiens de l’opposition libanaise visant les positions politiques du chef de l’Eglise maronite. Les adversaires chrétiens du patriarche l’accusent d’être «au service de l’ambassade américaine et française».
Allié du général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, l’ancien ministre Sleimane Frangié, un chrétien maronite, a violemment attaqué le patriarche Sfeir. Depuis jeudi, les délégations se rendent au siège du patriarcat, à Bkerké, près de Beyrouth, pour exprimer leur solidarité avec le patriarche maronite et dénoncer les propos de l’ancien ministre.
Sleimane Frangié, au cours d’une interview accordée à la chaîne NBN, s’en est violemment pris au patriarche maronite Nasrallah Sfeir. Il lui a reproché de couvrir un projet politique prônant l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban. Il a appelé le cardinal Sfeir, qui aura 88 ans le 15 mai prochain, à démissionner parce que les archevêques qui dépassent les 75 ans sont censés quitter leur charge.
Il a affirmé que 80% du clergé ainsi qu’une grande partie des maronites veulent que le patriarche prenne sa retraite mais n’osent pas le dire publiquement. L’ancien député de Zghorta a estimé que le prélat maronite «oublie dix minutes plus tard ce qu’on lui dit». Il a encore lancé que le patriarche Sfeir est la cause de l’immigration de la moitié des maronites.
Le siège patriarcal a reçu ces derniers jours un grand nombre d’appels téléphoniques de Libanais de la diaspora, condamnant la campagne lancée contre Bkerké. Le cardinal Sfeir, s’adressant jeudi à une délégation venant lui témoigner sa solidarité, a notamment déclaré: «Pardonnez leur, Seigneur, car ils ne savent pas ce qu’ils font». Le patriarche a estimé que cette campagne se retournera contre ses auteurs, en rappelant que le patriarcat maronite existe depuis 1’500 ans et continuera d’exister.
A l’issue d’une réunion que le cardinal Sfeir a tenue à Bkerké avec plusieurs évêques maronites, en présence du nonce apostolique, Mgr Luigi Gatti, le secrétariat du patriarcat a publié un communiqué remerciant tous ceux qui se sont rendus à Bkerké pour «appuyer les positions du patriarche». Il a cependant demandé aux délégations qui envisageaient de faire le déplacement jusqu’au siège patriarcal ce week-end de s’abstenir de le faire «afin que le patriarche et les évêques puissent se consacrer à la prière et la réflexion en vue de sortir le pays de la crise».
«Ce n’est pas un hasard si dans le même temps la présidence de la République est vacante et si l’on porte atteinte au commandement de l’armée, comme l’a montré l’assassinat du général François el-Hajj. Les propos qui ont été tenus sont déplorables. On ne saurait les dissocier du grave plan qui vise toutes nos institutions nationales», a déclaré le président Amine Gemayel au sortir d’une entrevue à Bkerké.
Ceux qui s’en prennent au patriarche semblent ainsi vouloir lui faire payer le prix du premier appel de Bkerké, en 2000, qui a donné le coup d’envoi du processus de recouvrement de l’indépendance et de la souveraineté qui a abouti au retrait de l’armée syrienne, a remarqué le président Gemayel. «Il ne fait aucun doute que nous nous trouvons face à une campagne orchestrée, et les événements qui se produisent, dont l’agression contre un véhicule de l’ambassade américaine, prouvent qu’il existe un chef d’orchestre unique qui répartit les rôles». (apic/orj/be)
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