Nigeria : Des responsables d’Eglise appellent à déclarer la guerre à la corruption
Abuja, 20 janvier 2008 (Apic) Des responsables méthodistes et anglicans du Nigeria réitèrent leurs appels en faveur d’une « guerre déterminée » contre la corruption dans le pays le plus peuplé d’Afrique, où de nombreuses personnalités politiques ont été accusées d’avoir pillé les coffres du pays ces dernières années.
Selon les responsables d’Eglise, la corruption a tellement perturbé le Nigeria qu’une minorité, constituée de personnes ayant occupé un poste au sommet de l’Etat, vit dans l’opulence, alors que le reste de la population vit dans la misère, au milieu des richesses tirées de l’exploitation du pétrole.
La Commission sur les délits financiers recommande au Parlement national d’interdire à tout fonctionnaire reconnu coupable de corruption d’occuper une fonction publique pendant dix ans. Toutefois, la prise de conscience apparente du problème par les politiciens ne convainc pas les responsables d’Eglise. Ceux d’entre eux qui se sont entretenus avec l’Agence ENI s’accordent pour dire que la corruption est devenue un cancer qui détruit le Nigeria.
Le pasteur Sunday Makinde, responsable de l’Eglise méthodiste du Nigeria, a déclaré qu’il était urgent que les responsables politiques renoncent à la corruption, qui, selon de nombreuses personnes, a retardé le développement économique du pays.
« La croisade actuelle contre la corruption devrait tout englober », a expliqué le pasteur Makinde. « Cela doit être une responsabilité et un devoir collectifs de débarrasser le pays de la corruption qui ronge la société jusqu’à la moelle et détruit notre cher pays. »
L’archevêque anglican du Nigeria, Peter Akinola, a reproché aux leaders politiques d’avoir échoué à éradiquer la corruption et à faire preuve de transparence au service de l’Etat. « Si elle ne se détourne pas du péché de la corruption, du péché du vol, du péché des cultes secrets, du péché de l’adultère, notre société ne pourra pas s’améliorer et les dirigeants eux-mêmes n’auront rien de bien à transmettre à la population », a déclaré l’archevêque Akinola.
Des milliards détournés
Il n’est pas toujours facile d’évaluer les sommes dérobées à un pays par la corruption. Abiodun Elijah Obayelu, professeur à l’Université d’Ibadan, s’appuie sur des chiffres publiés dans un rapport remis en novembre 2007 à la Conférence économique africaine, soutenue par l’ONU, selon lesquels la corruption et la mauvaise gestion consument 40 % des 20 milliards de dollars EU du revenu pétrolier annuel du Nigeria.
Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en mai 2007, le président nigérian Umaru Musa Yar’adua avait déclaré qu’il poursuivrait avec vigueur la guerre contre la corruption. A l’heure actuelle, plusieurs anciens gouverneurs d’Etats ont été reconnus coupables devant la justice d’avoir détourné des fonds alors qu’ils étaient en poste. Les agences anticorruption enquêtent actuellement sur 39 anciens gouverneurs accusés de corruption et de détournement d’argent public pour un montant total de plusieurs milliards de dollars. Selon un numéro paru en septembre du quotidien nigérian This Day, l’organisation de surveillance de la corruption dans le monde Transparency International a classé le Nigeria 32e dans la liste des 180 pays les plus corrompus du monde. (apic/eni/pr)
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