Chine: L’évêque de Hengshui, dans le coma depuis six ans, est décédé
Hong Kong, 21 janvier 2008 (Apic) L’évêque de Hengshui, dans le coma depuis six ans, est décédé la semaine dernière, annonce l’agence de presse catholique asiatique UcaNews. Mgr Mathias Chen Xilu, qui vivait dans le district de Jing, dans la province du Hebei, au sud de Pékin, était un évêque reconnu à la fois par le Vatican et le gouvernement chinois.
Agé de 80 ans, Mgr Chen est mort dans sa résidence épiscopale, tout près de la cathédrale, à 250 kilomètres au sud de Pékin. L’évêque coadjuteur, Mgr Pierre Feng Xinmao, 45 ans, a pris immédiatement sa succession. Le vieil évêque était dans le coma depuis 2002, suite à une hémorragie cérébrale.
Les obsèques de l’évêque défunt sont prévues ce mardi 22 janvier au matin. Mgr Chen est né dans une famille catholique en 1928. Après des études au petit séminaire, il est entré au grand séminaire de Shanghai, et il été ordonné prêtre en 1955. Le Père Chen, médecin diplômé, a travaillé dans une clinique du district de Jing, tout en accomplissant son travail pastoral dans les zones voisines.
Il fut emprisonné en raison de ses croyances religieuses puis envoyé dans un camp de réforme par le travail de 1969 à 1979. Après sa libération en 1979, il est retourné dans le diocèse de Hengshui où il a travaillé dans diverses paroisses, tout en visitant les catholiques à domicile. En 1990, il a mis sur pied une clinique ophtalmologique dans le district de Ji, où il traitait 30 à 40 patients par jour.
Nommé évêque, il ne plut plus traiter ses patients, et ce sont des paroissiens qui ont repris la clinique qui porte son nom.
La clinique a fermé ses portes en 2000 pour devenir un centre pastoral pour des retraites et des formations. Son successeur, Mgr Feng, possède une licence en droit canon de l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Cet évêque de l’Eglise officielle – mais nommé par le pape Jean Paul II – a relayé en 2004 son évêque tombé dans le coma deux ans auparavant. Le nouvel évêque, qui a reçu sa formation en Europe, préparait son doctorat lorsqu’il a été rappelé en Chine. Il est le premier évêque de la nouvelle génération qui, en Chine, possède une formation universitaire.
«Une seule Eglise catholique en Chine»
Les Occidentaux sont souvent mal informés sur l’Eglise de Chine, constatait Mgr Feng, en novembre 2002 lors d’une conférence à l’occasion du 20ème anniversaire de la Fondation Ferdinand Verbiest, à l’Université catholique de Louvain/Leuven. Il soulignait à cette occasion «qu’il n’y a pas d’Eglise schismatique en Chine» et que l’Eglise chinoise est «unie dans la foi avec l’Eglise universelle et avec le pape. Nous affirmons cela ouvertement en Chine et je n’hésite pas à le déclarer ici aujourd’hui».
«Nous regrettons vivement que les circonstances du passé aient provoqué la division au sein de notre Eglise. Mais il n’est pas exact de dire qu’en Chine il y a une soi-disant ’Eglise patriotique’, qui serait ’infidèle’ et une ’Eglise souterraine’ qui, elle, serait ’fidèle’. Il serait plus juste de dire que l’Eglise chinoise, suite aux regrettables événements du passé, est divisée en deux communautés. L’une est ’officiellement reconnue par le gouvernement’ – et j’appartiens à celle-ci – et l’autre n’est pas reconnue par le gouvernement. Mais ces deux communautés sont unies à Rome et au Saint-Père, malgré le fait qu’il n’y a pas de relations diplomatiques. Elles diffèrent entre elles seulement à propos de la manière de coopérer avec le gouvernement».
Le diocèse de Hengshui compte près de 20’000 catholiques, essentiellement des ruraux. Riche en vocations, ce diocèse a actuellement 33 prêtres, 70 religieuses, 46 grands séminaristes et 86 petits séminaristes. (apic/ucan/kna/be)
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