Cameroun : Tout faire pour préserver la paix
Yaoundé, 21 janvier 2008 (Apic) La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), a appelé dimanche 20 janvier les hommes politiques du pays, à « créer les conditions pour une alternance démocratique » au sommet de l’Etat.
Les évêques camerounais plaident pour « une alternance démocratique au sommet de l’Etat. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, envisage en effet la modification de la Constitution pour se maintenir au pouvoir en 2011, à la fin d’un second mandat de sept ans. Or, la loi fondamentale limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) réunie en assemblée générale dans la localité de Edéa, située non loin de Douala, la seconde ville, a encouragé ses concitoyens, notamment les responsables politiques, à travailler au « respect de la liberté » ont-ils dit, dans un communiqué rapporté par l’Agence de presse africaine (APA).
Tout en condamnant « la corruption, le sectarisme, le détournement de deniers publics, le tribalisme, la CENC « qui reste apolitique » ne s’est pas prononcée sur la volonté exprimée par le chef de l’Etat, Paul Biya et les militants de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), de modifier la Constitution, pour pouvoir se représenter au terme de son dernier septennat en 2011.
Dans son message de nouvel an, le 31 décembre dernier, Paul Biya s’était déclaré favorable à un amendement de l’article 6.2 de la constitution qui limite le mandat du président de la République à sept ans, renouvelable une fois. « Les arguments » pour sa révision ne manquent pas, avait-il indiqué, précisant que cet article limite la volonté populaire. Une « limitation qui s’accorde mal avec l’idée même de choix démocratique », avait-il ajouté.
Le cardinal Christian Tumi qui est considéré comme « la plus haute autorité religieuse catholique du pays », a conseillé, à « titre personnel », au président de « la République ne pas procéder à la modification de la Constitution ».Mgr Tumi, qui n’est pas en odeur de sainteté avec le gouvernement camerounais, l’avait invité, au début du mois, à « rapatrier l’argent volé » pour relancer l’économie nationale.
Lors de la messe de Nouvel an, le prélat avait lancé à la population « Soyez vigilants ». Et : « opposez-vous à toutes formes d’oppression ». Malgré le caractère religieux des circonstances, ces propos ont suscité une salve d’applaudissement chez les fidèles catholiques de toutes les couches sociales. Mgr Tumi qui a atteint la limite d’âge, est depuis une semaine remplacé à la tête de du diocèse de Douala par un nouvel archevêque coadjuteur, Mgr Samuel Kléda, 49 ans. (apic/ibc/vb)
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