«La pire vague de violence de ces derniers mois»
Jérusalem, 21 janvier 2008 (Apic) Caritas Jérusalem a lancé lundi un appel urgent pour qu’Israël mette un terme à la catastrophe humanitaire qui frappe la Bande de Gaza depuis la semaine dernière. Dans son SOS, l’ONG catholique rappelle que la semaine dernière, 35 personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées par des missiles israéliens et des incursions armées dans «la pire vague de violence de ces derniers mois».
Depuis le début de l’année, 61 personnes ont été tuées et davantage encore blessées à Gaza, «dont de nombreux passants innocents», note Caritas Jérusalem. L’ONG relève que cette escalade survient au lendemain de la visite du président américain G. W. qui avait soulevé beaucoup d’espoir pour faire avancer la paix. «Mais les actions militaires des deux côtés n’ont fait qu’augmenter», déplore Caritas.
Suite à cette escalade des affrontements, notamment l’envoi incessant de missiles Qassam vers les agglomérations israéliennes proches de Gaza, Israël a bouclé complètement la Bande de Gaza, qui ne reçoit plus de ravitaillement depuis le 18 janvier. Entre le 17 et le 19 janvier, des militants ont tiré quelque 130 missiles Qassam et 80 obus de mortier en direction d’Israël. Le blocus de Gaza a conduit aux coupures de courant électrique qui ont encore exacerbé une situation que Caritas qualifie de «déjà désespérée», produisant une situation «d’immense souffrance humaine».
John Holmes, sous-secrétaire général de l’ONU aux affaires humanitaires, a relevé que la fermeture des frontières était «inacceptable» et «moralement injustifiable» alors que normalement on compte en moyenne 120 camions d’aide alimentaire et humanitaire entrant quotidiennement à Gaza. «A Gaza, nous en arrivons à une situation où virtuellement toute la population est dépendante des fournitures d’aide internationales». La réaction d’Israël, insiste-t-il, n’est pas justifiée par le lancement de ces missiles, même si ce sont ces attaques qui sont utilisées comme arguments.
Risques sérieux pour les malades qui doivent être traités hors de Gaza
Certes, les médias ont relaté que près de 48 cas médicaux ont pu entrer en Israël pour des traitements, et 21 en Jordanie, «mais sur une population de 1,5 million, c’est bien insuffisant». Selon le Comité national contre le siège de Gaza, il y a 450 patients atteints de cancer dans la Bande de Gaza, 400 autres souffrant d’affections rénales graves et 450 avec des problèmes cardiaques sérieux et qui sont exposées à des menaces vitales étant donné le manque de médicaments et d’équipements médicaux adéquats. Etant donné l’interdiction de voyager, entre 600 et 700 cas demandent des traitements mensuels hors de Gaza et de 250 à 300 cas médicaux exigent un traitement urgent.
D’autre part, note Caritas Jérusalem, les besoins en fuel et en électricité pour les hôpitaux qui restent en service sont urgents. Ceux qui fonctionnent avec des générateurs n’ont plus de réserve. Etant donné la fermeture des points de passage, le manque de nourriture se fait également sentir, et les gens font déjà la queue devant les boulangeries, de crainte de ne plus avoir de pain. Caritas Jérusalem a lancé un appel ce lundi pour que la fermeture de la Bande de Gaza soit immédiatement levée, et que les actions militaires cessent tant du côté palestinien que du côté israélien.
De son côté, le président égyptien Hosni Moubarak a téléphoné au Premier ministre israélien Ehud Olmert pour le mettre en garde contre les risques humanitaires que le blocus de Gaza fait courir à la population civile. La Ligue arabe a convoqué une réunion d’urgence et l’Union européenne a condamné les mesures de punition collectives prises contre les habitants de Gaza. (apic/caritas/bbc/be)
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