Le Père Vasyl Kovpak a été excommunié

Pologne et Ukraine: Mises en garde contre les disciples de Mgr Lefebvre

Varsovie, 22 janvier 2007 (Apic) Les évêques catholiques polonais et ukrainiens ont mis en garde leurs fidèles. Ils doivent éviter d’avoir des contacts avec les adeptes du mouvement fondé par feu Mgr Lefebvre. Ces catholiques intégristes sont actifs dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale depuis la chute du communisme.

«Ce groupe schismatique essaye de se répandre en Pologne», affirme Mgr Tadeusz Goclowski, archevêque de Gdansk, dans une lettre pastorale lue dans toutes les églises de son diocèse. Le prélat polonais a rappelé que le pape Benoît XVI avait l’an dernier élargi la permission de célébrer la messe tridentine. Le rite de Saint-Pie V est le rite liturgique en vigueur avant la réforme liturgique qui a mis en oeuvre les orientations du Concile Vatican II.

Dans son «Motu Proprio» de l’été dernier, Benoît XVI a libéralisé les conditions pour l’utilisation du rite tridentin. Il permet l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Le pape a ainsi étendu à l’Eglise toute entière la possibilité de célébrer la messe selon les livres liturgiques promulgués le 23 juin 1962, durant le pontificat de Jean XXIII, juste avant le Concile Vatican II et la réforme qui a suivi. Il a fait de ce rite préconciliaire «une forme extraordinaire de l’unique rite romain», celui postconciliaire dit «de Paul VI».

Les trois points litigieux: l’oecuménisme, la liberté religieuse et la collégialité

Certes, la fidélité au Missel ancien était devenue un signe distinctif extérieur au sein du mouvement conduit par Mgr Lefebvre, remarquait le pape dans sa lettre aux évêques, à propos du «Motu Proprio» du 7 juillet 2007, «mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur». La raison du schisme des lefebvristes ne vient pas en premier lieu de l’abandon de la messe tridentine, mais de certains textes du Concile Vatican II. Des textes «irréconciliables avec la Tradition», selon Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, l’Institut traditionaliste fondé par Mgr Lefebvre en 1970 et en rupture avec Rome depuis 1988. Les trois points litigieux, qu’il qualifie d’»irréconciliables», sont pour lui le principe de l’oecuménisme, de la liberté religieuse et de la collégialité.

Dans une lettre pastorale du début janvier, Mgr Ihor Vozniak, archevêque gréco-catholique de Lviv des Ukrainiens, rappelle que le Père Vasyl Kovpak, chef des lefebvristes en Ukraine, a été condamné en 2006 par le Tribunal ecclésiastique de l’archiéparchie de Lviv. Malgré cette sentence, il a défié le Vatican, dont la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi a confirmé son excommunication à la fin de l’année dernière.

Vasyl Kovpak, le protégé de Mgr Fellay en Ukraine, est à la tête de la Société sacerdotale de Saint Josaphat Kuntsevych (SSJK). Il continue à développer le mouvement intégriste en Ukraine, qui compte déjà quelque 3’000 membres. Les lefebvristes dirigent un séminaire et un couvent à Lviv, en Galicie, ainsi que plusieurs paroisses. Le travail de ce prêtre porte atteinte à l’Eglise, estime Mgr Vozniak, raison pour laquelle il a interdit à ses fidèles de lui apporter un quelconque soutien. (apic/cns/com/be)

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