Rome: Le nouveau préposé général des jésuites rencontre la presse
Rome, 25 janvier 2008 (Apic) «Rome: Le nouveau préposé général des jésuites rencontre la presse. Tout y est remis en cause par sa diversité culturelle et religieuse, la profondeur de sa pensée». C’est ce qu’a estimé le père Adolfo Nicolàs, le nouveau préposé général des jésuites, élu le 19 janvier, lors de sa première rencontre avec les journalistes, le 25 janvier. Le nouveau ’pape noir’ a ainsi dressé devant la presse, et non sans humour, son portrait, et tracé certaines perspectives pour sa nouvelle charge.
Commentant l’ensemble des articles publiés dans la presse internationale au lendemain de son élection, Adolfo Nicolàs, Espagnol de 71 ans dont 46 passés au Japon, a remercié les journalistes présents de «leur amitié et de leur regard bienveillant» sur la Compagnie de Jésus. «Mais, s’est-il amusé, je reste un inconnu et je comprends les difficultés à trouver des informations sur moi, voire des trésors!». «Certains d’entre vous, a-t-il lancé, goguenard, m’ont crédité de 50% de Pedro Arrupe (préposé général jusqu’en 1983, qui affronta une crise profonde de la compagnie et avec la papauté, ndlr), de 50% de Peter Hans Kolvenbach (le préposé général qu’il a remplacé, démissionnaire après 25 ans à la tête des jésuites, ndlr) et pourquoi pas de 10 % d’Elvis Presley».
«J’admire Pedro Arrupe, mais je ne suis pas Arrupe et pas Kolvenbach, évidemment», a-t-il expliqué. «Je suis fait pour la réalité dans laquelle je suis et j’espère devenir cet homme qui aura l’habileté ou pas de répondre à cette réalité», a-t-il expliqué. «La majeure partie de ma vie, je l’ai passée en Asie où je suis arrivé à l’âge de 24 ans. L’Asie a été pour moi un défi. Arrivé au Japon, j’ai vu que l’approche du monde était bien différente de celle que je connaissais en Espagne», a encore indiqué le père Nicolàs.
«L’Asie m’a aidé à accepter les différences»
«L’Asie m’a changé, a-t-il avoué, elle m’a aidé à comprendre les autres et à accepter les différences. En Espagne, j’étais un peu intolérant et habitué à des pratiques religieuses particulières. Au Japon, la religiosité est plus profonde et j’y ai souri à des difficultés qui en Espagne m’auraient agacées», a-t-il encore déclaré. «Ainsi, l’Asie peut enrichir l’Eglise universelle. Tout y est remis en cause par sa diversité culturelle et religieuse, la profondeur de sa pensée», a encore estimé le nouveau préposé général des jésuites.
Revenant ensuite sur la réalité actuelle de la Compagnie de Jésus et sur les recommandations faites par Benoît XVI, Adolfo Nicolàs a rappelé que les jésuites «sont toujours en communion avec le pape. Nous considérons avec sérieux ses recommandations. S’il y a des difficultés, c’est parce que nous sommes proches spirituellement. Les difficultés sont normales et ceux, ici, qui sont mariés, le savent bien», a-t-il encore lancé. «Les jésuites veulent collaborer avec le Saint-Siège».
Le père Nicolàs s’est aussi défendu des journalistes qui voudraient voir en lui un théologien éloigné du professeur Joseph Ratzinger. «J’ai étudié ses ouvrages de 1964 à 1968. Tous lisaient ses livres. La théologie est toujours une rencontre et un dialogue avec parfois des différences, mais toujours dans la recherche de la Vérité», a-t-il expliqué.
Ecouter et obéir
Quant à sa nouvelle charge de préposé général de la Compagnie de Jésus, il a estimé que la 35e Congrégation générale qui poursuit ses travaux lui donnerait «son mandat». «Je veux écouter et obéir», a-t-il expliqué. Le père Nicolàs a enfin expliqué qu’il souhaitait que ses futures relations avec la presse soient «chaleureuses et fructueuses», mais qu’en la matière il appliquerait les principes de «Ghandi: dialogue, charité et faire le bien aux autres. Des informations même vraies peuvent faire du mal. L’information doit aider les gens. Je veux être transparent, car le mal ne laisse pas de traces. Ce que les gens pensent de moi n’a pas d’importance», a-t-il conclu.
Le père Adolfo Nicolás a été élu ’préposé général’ de la Compagnie de Jésus au cours de la 35e Congrégation générale de l’ordre, à Rome, le 19 janvier 2008. Missionnaire au Japon, le 29e successeur de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie, était jusqu’à présent à la tête de la Conférence des jésuites de l’Asie de l’est et de l’Océanie. Né en Espagne le 29 avril 1936, il est entré chez les jésuites en 1953 et a été ordonné prêtre dans la capitale japonaise en mars 1967. Après l’élection du préposé général des jésuites, les travaux de la Congrégation générale se poursuivent pour un temps indéterminé. Elle doit définir les grandes orientations de la Compagnie de Jésus pour les années à venir. Les membres de la Congrégation devraient être reçu en audience par Benoît XVI le 21 février.
Dans une lettre envoyée au père Peter-Hans Kolvenbach à la veille de l’élection de son successeur, Benoît XVI avait invité les jésuites à réaffirmer leur «adhésion totale à la doctrine catholique» sur des points tels que le rapport entre le Christ et les religions, la théologie de la libération ou encore la morale sexuelle. (apic/imedia/ami/hy/bb)
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