La Grèce pleure un prélat souvent critiqué pour son nationalisme

Grèce: Décès de l’archevêque Christodoulos, chef de l’Eglise orthodoxe de Grèce

Athènes, 28 janvier 2008 (Apic) L’archevêque Christodoulos, chef de l’Eglise de Grèce, est décédé lundi matin 28 janvier d’un cancer du foie et du gros intestin. Figure populaire en Grèce, personnalité très influente dans un pays où l’Eglise n’est pas séparée de l’Etat, le prélat était âgé de 69 ans. Il défendait le rôle prééminent de l’Eglise orthodoxe en Grèce, mais il était aussi contesté pour ses positions très nationalistes. Le gouvernement a décrété un deuil national de quatre jours.

L’état de santé de l’archevêque orthodoxe d’Athènes et de toute la Grèce, Christodoulos, s’était aggravé ces derniers temps. Il suivait une chimiothérapie depuis l’automne dernier dans sa résidence dans la banlieue d’Athènes. Une opération de greffe du foie, entreprise en octobre dernier dans un hôpital de Miami, en Floride, avait échoué, et le prélat était devenu de plus en plus faible.

L’archevêque Christodoulos avait été élu à la tête de l’Eglise orthodoxe en 1998. Défenseur de l’hellénisme, le caractère national de la Grèce, ses détracteurs estiment que sous l’archevêque Christodoulos, la Grèce est restée un pays qui continue de discriminer ceux qui n’appartiennent pas à la confession orthodoxe, y compris les catholiques et les fidèles d’autres confessions chrétiennes.

L’été dernier, Mgr Ioannis Spiteris, archevêque catholique de Corfou, Zante et Céphalonie, avait estimé que son Eglise était confrontée à une «situation assez désespérée», après s’être vu refuser la reconnaissance juridique et l’égalité des droits dans ce pays majoritairement orthodoxe. Le prélat franciscain ajoutait que son Eglise n’avait aucun contact officiel avec l’Eglise orthodoxe de Grèce, qui revendique la loyauté spirituelle de 98 % des 10,7 millions d’habitants du pays. «Bien que les gens d’ici soient pacifiques et respectueux des lois, ils ne sont pas très religieux. Même s’ils ne rejettent pas l’Eglise, ils y sont généralement indifférents», notait-il alors.

Rencontre avec le pape Jean Paul II en 2001

Le corps de l’archevêque Christodoulos repose dans la cathédrale d’Athènes, dans un cercueil recouvert d’un drapeau grec, jusqu’aux funérailles qui auront lieu jeudi. Le Premier ministre grec Costas Karamanlis lui a rendu hommage, estimant que l’archevêque était un «hiérarque éclairé dont le travail pastoral a rapproché l’Eglise de la société et des problèmes contemporains». Le Saint-Synode a 20 jours pour élire le successeur de Mgr Christodoulos à la tête de l’Eglise de Grèce.

Au grand dam des orthodoxes les plus conservateurs, le chef de l’Eglise de Grèce avait accueilli Jean Paul II en 2001 pour la première visite d’un pape en Grèce depuis 1300 ans. En 2006, Christodoulos s’était à son tour rendu au Vatican et avait signé une déclaration conjointe avec Benoît XVI. Il s’était opposé au gouvernement grec quand ce dernier avait voulu enlever la mention de l’appartenance religieuse sur la carte d’identité grecque, accusant à cette occasion les autorités de «haïr Dieu», de vouloir marginaliser l’Eglise et de s’en prendre à l’identité chrétienne et orthodoxe du peuple grec. (apic/bbc/eni/be)

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