Canada: Alors que de nombreuses paroisses disparaissent, Toronto en ouvre de nouvelles
Toronto, 31 janvier 2008 (Apic) Alors qu’un peu partout au Canada, mais spécialement au Québec, des paroisses ferment ou fusionnent et des églises sont vendues, faute de fidèles, la ville de Toronto a ouvert ces dix dernières années 13 paroisses et n’en a fermé aucune.
Dans la plus grande ville du Canada, qui compte plus de 2,5 millions d’habitants – plus de 6 millions dans un Grand Toronto en pleine croissance démographique – la population catholique suit la tendance. Les catholiques, d’origines ethniques très diverses, sont déjà plus de 1,8 million dans l’archidiocèse de Toronto.
Deux nouvelles paroisses ont ouvert leurs portes l’an dernier: la paroisse des Anges gardiens à Brampton et de Saint Léon à Brooklin, et une autre doit ouvrir cette année. En général, ouvrir une nouvelle église ne se passe pas de façon immédiate. Il faut attendre en moyenne une décennie avant d’avoir les fonds et de bâtir le lieu de culte.
Depuis 1995, l’archidiocèse a ouvert une grande variété de paroisses «ethniques», pour les Chinois, les Coréens, les Polonais, les Italiens, les Slovaques et les Chaldéens immigrés du Moyen-Orient.
Malgré la fermeture de paroisses au Québec, ou la fusion de paroisses dans certains diocèses, une bonne partie du Canada montre une réalité différente et la participation des catholiques augmente en dehors du Québec. C’est le constat que dresse le sociologue canadien Reginald Bibby, professeur au département de sociologie de l’Université de Lethbridge, en Alberta. En effet, dans l’archidiocèse de Toronto, on assiste à un phénomène inverse que celui du Québec, une province touchée par une «sécularisation extrême», selon l’expression du cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec. JB/CCR
Encadré
Des églises peinent à trouver preneur au Québec
Contrairement à ce qui se passe à Toronto, où on assiste à un «boom» des paroisses, des églises désaffectées peinent à trouver preneur au Québec. Elles sont désormais en surnombre, conséquence d’une baisse drastique de la pratique religieuse durant les dernières décennies. Si l’on pouvait encore dans les années 50 parler du Québec comme de «la fille cadette de l’Eglise» (après la France, fille aînée!) tant l’influence du clergé se faisait sentir dans la société, le paysage religieux de la Belle Province a complètement changé. C’est que la sécularisation, dans le sillage de la «Révolution tranquille» des années 60, est passée par là. De manière très brutale: en moins d’une décennie, les églises se sont vidées, et on les vend désormais à tours de bras.
Ainsi aucune offre d’achat acceptable n’a encore été déposée pour l’église Saint-Philippe de Trois-Rivières, selon le conseil de la fabrique. Il en est de même pur les églises Sainte-Cécile et Saint-François-d’Assise, situées dans la même ville. Elles sont également toujours à vendre. A l’église Saint-Philippe, on procède à la vente des objets contenus dans l’édifice. On dresse aussi un inventaire des objets contenus dans les églises Sainte-Cécile et Saint-François-d’Assise. Les objets qui ne figurent pas parmi le patrimoine religieux pourraient aussi être vendus. La fermeture de ces deux églises est prévue pour le 6 juin prochain.
La plus vieille église de Sherbrooke, en Estrie (Cantons de l’Est), a également été vendue. Mais cette fois il s’agit d’une église anglicane, St. Peter’s, construite en 1900. Elle a cependant été achetée par une autre communauté religieuse, la Fraternité Sacerdotale Saint Jean l’Evangéliste. Elle ne sera pas démolie ou «recyclée» comme d’autres, transformées en bibliothèques, centres de loisirs, «condos» (appartements en co-propriété), voire même des bars ou discothèques, comme à Shawinigan (Christ-Roi) et à Hull (Our Lady of the Annunciation).
Ainsi, à Rimouski, dans le Bas Saint-Laurent, trois des neuf églises paroissiales devaient être fermées au culte en ce mois de janvier. Il s’agit de celles de Saint-Yves, de Sainte-Odile et de Nazareth. A Joliette, capitale de la région de Lanaudière, près de Montréal, la municipalité vient de transformer l’église Saint-Pierre-Apôtre en bibliothèque. D’autres lieux de culte qui n’étaient plus utilisés, comme l’église St. Matthew à Québec, ont également été transformés en bibliothèque (Bibliothèque Saint-Jean-Baptiste).
Depuis bientôt trois décennies, au Québec, c’est une minorité qui fréquente la messe le dimanche. «Sauf pour une partie des personnes âgées, l’assistance à la messe dominicale ne fait plus partie des coutumes et du mode de vie», confie à l’Apic le professeur Guy Laperrière, spécialiste de l’histoire religieuse qui enseigne depuis 1971 l’histoire contemporaine à l’Université de Sherbrooke, au Québec. Le mouvement de fermeture des paroisses s’accélère depuis l’an 2000, devenant un des phénomènes les plus importants et les plus significatifs au Québec en ce début du XXIe siècle. (apic/be)
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