Le pape invite à les travailler et à les approfondir

Rome : Le pape réaffirme le droit de l’Eglise à s’exprimer sur les questions de bioéthique

Rome, 31 janvier 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a encouragé jeudi la Congrégation pour la doctrine de la foi et l’ensemble de l’Eglise à travailler et à approfondir les questions de bioéthique.

En recevant les membres de la congrégation en charge de la doctrine, réunis en assemblée plénière, le pape a aussi réaffirmé la légitimité des documents parfois controversés de l’ancien Saint-Office, comme les « Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Eglise » publiées en juillet 2007.

Au cours de son intervention, Benoît XVI a ainsi encouragé les travaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui prépare actuellement un document censé compléter l’enseignement de l’Eglise après l’Instruction « Donum Vitae » sur la bioéthique publiée en 1987. «Certainement, a ainsi affirmé le pape, le magistère de l’Eglise ne peut et ne doit pas intervenir sur toutes les nouveautés de la science, mais il a le devoir de rappeler les grandes valeurs en jeu et de proposer (.) les principes et les orientations éthico morales pour les nouvelles questions importantes».

L’Eglise, a dit le pape, apprécie et encourage le progrès des sciences biomédicales qui ouvrent des perspectives thérapeutiques jusqu’alors inconnues. Il a cependant reconnu une nouvelle fois le «devoir» de l’Eglise «d’éclairer les consciences de tous afin que le progrès scientifique soit véritablement respectueux de chaque être humain».

Aux yeux du pape, les nouveaux problèmes liés, par exemple, à la congélation des embryons humains, à la réduction embryonnaire, au diagnostic préimplantatoire, aux recherches sur les cellules souches embryonnaires et aux tentatives de clonage humain, montrent clairement comment, avec la fécondation in vitro (FIV), la barrière pour protéger la dignité humaine a été franchie. «Lorsque des êtres humains, faibles et sans défense, sont sélectionnés, abandonnés, tués, ou utilisés comme un simple ’matériel biologique’, comment nier qu’ils sont traités non plus comme ’quelqu’un’ mais comme ’quelque chose’, mettant ainsi en doute le concept même de dignité l’homme ?», s’est interrogé Benoît XVI.

Précisions nécessaires

Dans son discours, le pape est également revenu sur les deux documents publiés en 2007 par la Congrégation pour la doctrine de la foi: Les « Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Eglise », le 10 juillet, et la « Note doctrinale sur certains aspects de l’évangélisation », le 14 décembre.

Ces deux textes, a indiqué Benoît XVI, sont «des précisions nécessaires pour le déroulement correct du dialogue oecuménique et du dialogue avec les religions et les cultures du monde».

A propos des « réponses » sur les questions doctrinales, qui avaient alors entraîné de nombreuses polémiques dans les milieux chrétiens, le pape a particulièrement estimé que «loin d’empêcher un engagement oecuménique authentique», elles étaient «un stimulant pour que la confrontation sur les questions doctrinales se fasse toujours avec réalisme et une pleine conscience des aspects qui séparent encore les confessions chrétiennes».

Le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi a également pris la parole pour illustrer au pape les travaux actuels de son dicastère. Il a en particulier affirmé que «la préoccupation» de sa congrégation, «ces deux dernières années, ne s’est pas limitée à mettre en évidence des remèdes nécessaires à la discipline des comportements des personnes ou des institutions ecclésiastiques mais s’est dédiée activement à la promotion de la foi et à l’enseignements des points essentiels de la doctrine catholique». (apic/imedia/am/ms)

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