Genève : Rencontre interreligieuse pour la paix
Gladys Théodoloz, responsable de l’information au vicariat épiscopal de Genève
Genève, 3 février 2008 (Apic) Un vent de douceur a soufflé mercredi soir 29 janvier sur l’église Saint-Nicolas de Flue à Genève, où quelque 400 croyants de toutes traditions religieuses, répondant à l’invitation de l’Eglise catholique romaine et de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l’ONU, ont uni leurs voix afin qu’advienne la paix, don de Dieu et aspiration commune de tous les membres de la grande famille humaine.
Au cours d’une cérémonie empreinte de recueillement, les participants, parmi lesquels de nombreux représentants des organisations internationales et des corps consulaires et diplomatiques en poste à Genève, ont prié et médité à partir du thème proposé par le pape Benoît XVI pour la Journée de la Paix 2008: «La famille humaine, communauté de paix».
«Dans notre coeur, nous comprenons bien le vrai sens du mot paix. C’est un concept qui va au-delà de l’absence de guerre. Il suppose la sécurité, le respect des droits de l’homme pour tous», a commenté, dans son introduction, Mgr Silvano Tomasi, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies. Se référant au message de Benoît XVI, Mgr Tomasi a souligné que «la paix est un engagement et un mode de vie qui exigent que l’on satisfasse les attentes légitimes de tous, comme l’accès à la nourriture, à l’eau et à l’énergie, à la médecine et à la technologie, ou encore le contrôle des changements climatiques». Tout en saluant les efforts accomplis par l’ONU afin de prévenir les guerres en s’attaquant à leurs causes profondes et en promouvant le dialogue et la négociation, le prélat a relevé cependant qu’il s’agissait là d’une tâche «impraticable» du fait des conflits d’intérêt et de méthodes, avant de conclure que «la quête de la paix par la paix est un défi, et demande un complément de grâce», puisqu’en définitive, «la paix est un cadeau de Dieu».
La haine ne peut être vaincue que par l’amour
Quant au Vénérable Tawalama Dhammika, le souriant responsable du Centre bouddhiste international de Genève, il a livré comme à son habitude un message plein de sagesse, expliquant que la vraie voie du bonheur passe par la bonne volonté de tous et la compassion, que la haine ne peut être vaincue que par l’amour, et que la paix en est le fruit. Une profession de foi à laquelle, de toute évidence, les autres intervenants adhèrent de tout coeur. Ainsi, «la paix ne constitue pas le principe supérieur, mais bien plutôt l’objectif de nos aspirations et de nos efforts, leur finalité» a exprimé le Grand Rabbin Dayan dans son message, lu par Sylvain Benamran, vice-président de la Communauté israélite de Genève. Conçue comme l’harmonisation de toutes les oppositions, la fin des antagonismes et la solution définitive de tous les conflits, tant dans les rapports des hommes entre eux que dans les relations de l’être humain avec lui-même et avec Dieu, la paix – a souligné encore le Rabbin – se vit dans la complémentarité, l’entraide et l’harmonie, à l’exemple d’un orchestre où chacun joue d’un instrument différent tout en exécutant la même oeuvre musicale.
Même appel au rapprochement mutuel et à «l’amour vivifiant» du côté musulman, avec l’intervention du jeune Idris Fontaine, représentant de la Fondation Culturelle Islamique, qui a insisté sur l’urgence «d’insuffler dans le monde un vent de spiritualité et de relier les individus à Dieu et à leurs frères dans le respect et l’acceptation».
La paix dans le monde est le bien le plus précieux
Pour sa part, Mgr Jérémie, métropolite orthodoxe de Suisse, a mis en lien le thème de la récente Semaine de prière pour l’unité, invitant les chrétiens à «prier sans cesse», avec les objectifs de la Journée Mondiale de la Paix: «La paix dans le monde est le bien le plus précieux, et il est tant attendu! Puisqu’il ne nous est pas facile et pas toujours possible de l’instaurer dans les relations humaines, notre seul espoir est de prier Dieu de nous en offrir la grâce». Une invitation à laquelle le pasteur Albert Luc de Haller, de l’Eglise protestante de Genève, s’est empressé de répondre avec une très belle prière au Dieu de toute bonté, pourvoyeur de paix sur terre et dans les coeurs. Quant à Mgr Bernard Genoud, absent pour raison de santé, il a fustigé dans son message – lu par Mgr Farine – «l’individualisme, le relativisme et le subjectivisme éthique», qu’il qualifie de «blessure fatale autant pour nos familles que pour la société, et donc comme un échec programmé pour la paix universelle». Pour lutter contre cette «gangrène», un seul moyen: se reconnaître frères et soeurs en humanité, avec les mêmes valeurs, la même dignité et des mêmes droits fondamentaux, comme nous y invite la Déclaration des droits de l’homme de 1948.
Au total, une rencontre très fraternelle, dont l’animation musicale a été confiée à une chorale philippine, tandis que le geste de paix, lui, a bénéficié de la prestation dansante et chantante d’un groupe de femmes africaines, qui ont distribué leurs rameaux d’olivier au son d’une darbouka – une façon de rendre hommage à la fois aux peuples d’Afrique durement éprouvés par la guerre et aux femmes du monde entier, «qui sont souvent les premières victime des conflits, mais aussi les premières éducatrices à la paix». Après quoi toutes et tous se sont retrouvés dans les locaux paroissiaux pour partager un verre de l’amitié qui méritait particulièrement bien son nom. (apic/gt/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/geneve-rencontre-interreligieuse-pour-la-paix-2/