Rome: L’ancien maître des cérémonies pontificales et la libéralisation du rite tridentin
Rome, 5 février 2008 (Apic) Mgr Piero Marini, maître des cérémonies pontificales pendant 20 ans et aujourd’hui président du Comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux, a demandé d’éviter les polémiques en matière de liturgie. Il a estimé, sur les ondes allemandes de Radio Vatican, le 4 février 2008, qu’après la libéralisation de l’usage du rite tridentin, il fallait éviter ce qu’il qualifie d’»oppositions artificielles».
«Le Motu proprio Summorum pontificium (publié le 7 juillet 2007 et libéralisant l’usage du rite préconciliaire, ndlr) ne signifie pas un changement de l’actuel missel et il ne constitue pas un jugement négatif sur la réforme liturgique voulue par le Concile», a-t-il estimé.
Et d’affirmer que le «Motu proprio» n’a jusqu’ici conduit à aucun changement dans la célébration de la messe dans les paroisses». Pour Mgr Marini, «il est plutôt un signe d’amour pour l’unité». «Aujourd’hui encore, l’enthousiasme initial de la mise en oeuvre de la réforme liturgique conciliaire reste vivant», a encore déclaré l’ancien maître des cérémonies de Jean Paul II et du début de pontificat de Benoît XVI.
Mgr Marini pense que la liturgie ne peut pas être réduite à la modification de certains textes ou à la réduction de rites. Le Concile a voulu la réforme en tant qu’inspiration et fondement. «Si la liturgie est vraiment le point culminant et la source de ’l’action de l’Eglise’, alors la liturgie et l’Eglise sont si étroitement liées que l’avenir de la liturgie est l’Eglise et inversement», a-t-il conclu.
Le cardinal Ratzinger, pourfendeur de l’évolution liturgique prônée par Piero Marini
La commission pontificale «Ecclesia Dei» – instituée par le pape Jean Paul II à la suite du schisme de Mgr Lefebvre à Ecône en 1988 – devrait prochainement publier une instruction pour appeler à l’application correcte du «Motu proprio» Summorum Pontificium.
Au début du mois de janvier, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a en effet déploré les réactions «désordonnées» aux volontés du pape. «Certains ont accusé le pape d’avoir renié l’enseignement conciliaire» tandis que d’autres «ont interprété le ’Motu proprio’ comme l’autorisation au retour du seul rite préconciliaire», a-t-il estimé.
«Positions toutes deux fausses, épisodes exagérés qui ne correspondent pas aux intentions du pape», a-t-il ajouté. Le 1er octobre 2007, Mgr Piero Marini a été remplacé par Mgr Guido Marini, proche du cardinal secrétaire d’Etat, à la tête du Bureau des célébrations liturgiques pontificales.
Ancien secrétaire personnel de Mgr Annibale Bugnini, le principal artisan de la réforme liturgique post-conciliaire, Mgr Piero Marini a souvent été qualifié de «liturgiste du siècle». Ses perspectives n’ont pourtant pas toujours fait l’unanimité au Vatican. Mgr Marini a parfois été accusé d’avoir éliminé certains trésors de la liturgie. Le plus grand pourfendeur de cette évolution liturgique fut le cardinal Joseph Ratzinger, lorsqu’il était le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. (apic/imedia/hy/be)
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