Elle sera faite le 13 février au Parlement

Australie: Les évêques saluent la demande d’excuse du gouvernement aux Aborigènes

Sydney, 6 février 2008 (Apic) Les évêques catholiques d’Australie ont salué le fait que le gouvernement va adresser le 13 février une demande d’excuse aux Aborigènes, les premiers habitants du pays. Les autorités vont s’adresser aux «générations volées» d’enfants séparés dans le passé de leur famille dans le but de les «assimiler». Les évêques ne cachent pas que les indigènes ont été victimes de racisme.

Le Premier ministre australien Kevin Rudd estime qu’une demande de pardon pour ces «générations volées» est essentielle pour réconcilier les Australiens – Aborigènes et Blancs – avec leur histoire turbulente.

Cette démarche sera le premier acte qui sera accompli lors de la reprise des travaux du Parlement le 13 février prochain. L’annonce faite par le gouvernement a été «un grand soulagement pour la plupart des Australiens», a déclaré le président de la Commission des affaires indigènes des évêques d’Australie, Mgr Barry Hickey, archevêque de Perth.

«La population en général a été bien plus en avance que les responsables politiques dans cette affaire», a-t-il déclaré à l’agence de presse catholique CNS. «Le gouvernement fédéral australien devrait exprimer du chagrin que des choses si terribles aient pu se passer dans de nombreuses communautés aborigènes».

Une proposition «monumentale», selon le chef Aborigène Mick Dodson

Pour l’archevêque de Perth, ce n’est pas seulement le gouvernement qui est à blâmer, mais toute la société australienne doit accepter une part de responsabilité dans cette tragédie. Des familles indigènes entières ont été dispersées pendant des décennies, et cette situation continue à affliger les Aborigènes et leurs enfants. Le chef Aborigène Mick Dodson, co-président du groupe indépendant «Reconciliation Australia», a qualifié la demande de pardon du gouvernement de «monumentale».

«C’est quelque chose que les gens ont attendu depuis très longtemps, et c’est extrêmement important pour nous en tant que nation et comme membres de ces générations volées». Les agences gouvernementales des Etats et de la Fédération australienne ont poursuivi une politique de déracinement des communautés jusqu’en 1972. Les enfants des Aborigènes et les métis étaient séparés de leur famille et placés dans des dortoirs de lointaines missions.

Plus de 30’000 enfants ont ainsi été enlevés à leurs parents par les pouvoirs publics australiens. Cette dispersion des indigènes australiens a détruit les familles et créé de graves problèmes sociaux qui durent encore: les Aborigènes continuent d’être surreprésentés dans les prisons et de nombreuses communautés ont implosé en raison de l’alcoolisme et de la violence qui les détruisent. L’espérance de vie des Aborigènes australiens est de 17 ans inférieure à celle du reste de la population. Lors du Synode des évêques pour l’Océanie en 1998, les évêques d’Australie ont exprimé leurs regrets face à l’implication de l’Eglise dans la destruction de leurs liens familiaux, de leurs langues et de leur culture. (apic/cns/be)

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