Kenya : Les organisations d’Eglise craignent une aggravation du sida
Nairobi, 8 février 2008 (Apic) Les organisations d’Eglise travaillant sur le VIH et le SIDA au Kenya ont mis en garde contre la possibilité d’une catastrophe liée à la pandémie. Selon eux, la crise politique qui secoue le pays a contraint des milliers de séropositifs à trouver refuge dans des camps. Un drame de plus, parfaitement à l’abri des images et des commentaires sur la situation dans ce pays.
« La situation est très grave. Nous craignons un grand nombre de nouvelles contaminations dans les camps », a affirmé à l’Agence ENI le 6 janvier Jacinta Maingi, coordinatrice régionale de l’Initiative oecuménique de lutte contre le VIH et le SIDA en Afrique (EHAIA). « Les viols sont aussi très courants ici », a ajouté Jacinta Maingi, dont le groupe permet aux Eglises d’Afrique d’avoir accès à l’information, à la formation et à la documentation sur la pandémie.
Plus de 300’000 personnes ont été déplacées et plus de 1’000 tués à cause des violences qui se sont déroulées après l’élection présidentielle du 27 décembre. Le président sortant Mwai Kibaki a été déclaré vainqueur mais le leader de l’opposition Raila Odinga affirme que le scrutin était truqué.
Le 4 février, la Campagne mondiale contre le SIDA a mis en garde contre les effets de la crise sur les personnes vivant avec le VIH et sur celles qui sont vulnérables à la contamination.
Aux dires des responsables de cette Campagne, de nombreuses personnes vivant avec le VIH au Kenya ont été forcées de suspendre leur traitement quotidien par antirétroviraux, car ils ne pouvaient plus accéder facilement aux cliniques qui proposent le traitement, en raison des violences ou du déplacement des populations. Dans d’autres cas, les gens ont perdu les documents médicaux qu’il leur faut pour obtenir des médicaments.
« La vie de ces gens n’est que souffrance »
Les organisations d’Eglise, leurs partenaires et d’autres organisations internationales se sont mobilisés pour fournir des médicaments antirétroviraux dans les 130 camps, a indiqué Jacinta Maingi. Toutefois, certaines personnes contaminées ont refusé de venir chercher les médicaments par crainte de la discrimination. « Ils ne veulent pas se dévoiler à cause de la stigmatisation », a déclaré Maingi. « La vie de ces gens n’est que souffrance. »
Les cas de viol de femmes et d’enfants et les attaques sexuelles sur les hommes ont augmenté, ce qui rend les gens plus vulnérables à la contamination, affirme-t-on encore au Kenya.
« C’est absolument inacceptable, mais nous devons prendre conscience du fait que les conditions à l’intérieur des camps ne sont pas propices à la protection des femmes et des jeunes filles », a expliqué Paul Mbole, coordinateur de l’Aide de l’Eglise norvégienne pour le Kenya et l’Ouganda et du Forum kenyan d’Action commune des Eglises (ACT, Action by Churches Together).
Elizabeth Akinyi, membre du Comité de pilotage de la Campagne mondiale contre le SIDA, basé au Kenya, a déclaré: « Nous sommes particulièrement préoccupés par les femmes, qui sont souvent confrontées à ce genre de problèmes alors qu’elles ont déjà la responsabilité de s’occuper de leurs enfants. Il est crucial pour les personnes vivant avec le VIH et le SIDA, en particulier pour les femmes, non seulement d’avoir accès au traitement et à d’autres nécessités de base comme la nourriture, mais aussi de ne pas avoir peur de demander l’aide dont elles ont besoin ». (apic/eni/pr)
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