Rome: Le pape dénonce les discriminations et la violence à l’égard des femmes
Rome, 10 février 2008 (Apic) Benoît XVI a dénoncé les discriminations religieuses ou culturelles à l’égard des femmes ainsi que la «mentalité machiste» et les violences dont elles sont victimes. En recevant en audience au Vatican quelque 300 participants à un colloque sur la dignité de la femme organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs, le pape a déploré le 9 février 2008 les courants culturels et politiques qui cherchent à effacer les différences sexuelles inscrites dans la nature humaine.
Devant les participants au colloque international marquant le 20e anniversaire de la Lettre apostolique de Jean Paul II «Mulieris dignitatem», datant du 15 août 1988 et portant sur la dignité et la vocation de la femme, le pape a regretté la persistance d’une «mentalité machiste». Celle-ci «ignore la nouveauté du christianisme reconnaissant et proclamant la dignité et la responsabilité égales de la femme par rapport à l’homme». A ses yeux, il existe des lieux et des cultures où la femme fait l’objet de discriminations, où elle est sous-estimée pour la seule raison qu’elle est une femme.
Benoît XVI a ainsi déploré que l’on ait même recours jusqu’à des arguments religieux et à des pressions familiales, sociales et culturelles pour soutenir l’inégalité entre les sexes. Il a regretté ces endroits et ces cultures où ont lieu des actes de violence à l’égard de la femme en la rendant objet de mauvais traitements et d’exploitation. Et de mentionner «la publicité et l’industrie de la consommation et du plaisir».
Face à des phénomènes aussi graves et persistants, a encore souhaité Benoît XVI, l’engagement des chrétiens apparaît encore plus urgent, afin qu’ils deviennent partout les promoteurs d’une culture qui reconnaisse à la femme la dignité qui lui revient, dans le droit et dans les faits.
Devant les congressistes, Benoît XVI a aussi affirmé que face à des courants culturels et politiques qui cherchent à effacer – ou au moins à embrouiller – les différences sexuelles inscrites dans la nature humaine en les considérant comme une construction culturelle, il est nécessaire de rappeler le dessein de Dieu. Celui-ci a créé l’être humain «homme et femme». Au cours de sa longue intervention, Benoît XVI n’a fait qu’une très brève allusion à la vocation et à la mission de la femme dans l’Eglise et dans le monde, assurant que celles-ci étaient «particulières».
Valoriser le «génie féminin»
L’Etat, pour sa part, a affirmé le pape, doit soutenir avec des politiques sociales adaptées tout ce qui promeut la stabilité et l’unité du mariage, la dignité et responsabilité des conjoints, leur droit et devoir irremplaçables dans l’éducation de leurs enfants. En outre, a indiqué Benoît XVI, il faut permettre à la femme de collaborer à la construction de la société, en valorisant son «génie féminin» spécifique.
Par ailleurs, d’après le pape, lorsque l’homme ou la femme prétendent être autonomes et totalement autosuffisants, ils risquent de rester enfermés dans une autoréalisation qui considère comme une conquête de liberté le dépassement de tout lien naturel, social ou religieux, mais qui, de fait, les réduit à une solitude accablante. Ainsi, à ses yeux, pour favoriser et soutenir une réelle promotion de la femme et de l’homme, on ne peut pas ne pas tenir compte de cette réalité. (apic/imedia/ami/be)
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